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 hard technology / [PV Maddy Marlowe]

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MessageSujet: hard technology / [PV Maddy Marlowe]   Mer 14 Aoû - 9:01

Hard technology
feat Maddy Marlowe

qu'il vente ou qu'il pleuve



      « - Mais pourquoi tu veux mettre une cravate pour ce genre de rendez-vous ? »

    Je reposais ma cravate sur le lit d'un geste las et repassais une nouvelle fois devant la glace placée derrière la porte de ma chambre. J'étais forcément habillé bien plus décontracté que lorsque j'étais au boulot, je ne comprenais pas d'où l'idée de porter une cravate m'était venue. D'autant plus que je n'en portais pas au travail. Je remettais bien les pans de ma chemise blanche dans mon pantalon et ajustais bien mon pantalon. J'enfonçais bien mes mains dans les poches de mon jean pour bien placer le tissus, je plaçais le fermoir de ma ceinture bien au centre et vérifiais que mon col était bien mis. Tous ces petits gestes, ces petites manies, répétés encore et toujours avant de sortir. Mon côté obsessionnel. Dans ma jeunesse, on avait voulu me faire voir un psy à cause de ça. Et il m'a qualifié de maniaco-dépressif. Je ne suis pas dépressif. Et si il croit que j'ai avalé ne serait-ce qu'une pilule de ses anti-dépresseurs, il peut se mettre le doigt dans l’œil. Je passais une main dans mes cheveux, ébouriffant le devant, donnant un côté un peu plus « fifou » que quand j'allais au travail.
    Voilà, ce rendez-vous n'avait rien à voir avec le boulot. J'avais beau croiser cette jeune fille tous les jours, pour une fois, pour la première fois, on se voyait en dehors du travail. Et j'allais devoir aligner plus de trois mots, ce qui, je crois, n'était pas encore arrivé. Ah vraiment, communiquer, c'est pas encore ça. Mais j'étais présentable, et déjà, c'était un bon point. Déjà que communiquer c'était difficile, alors ne parlons même pas de se faire des amis. Je ne me sentais pas particulièrement stressé, elle ne se moquerait jamais de moi, elle ne me martyriserait pas et ne me montrerait pas de faux respect. Voilà pourquoi je me méfiais, peu de mes collègues ne me respectaient vraiment, j'étais le jeunot qui avait réussi, et ils n'appréciaient pas ça, ils n'appréciaient pas d'être détrôné par un intello à peine sorti de l'adolescence.
    J'allais vers mon bureau et passais mon index sur les touches de l'ordinateur portable qui s'y trouvait. Pas une trace de poussière, bien entendu. Je fermais le dessus du PC et le plaçais dans une sacoche pour le transporter. C'était loin d'être un modèle de compétition, et jusqu'ici, pour ce que je savais en faire, c'était bien assez suffisant. J'ouvrais la porte de ma chambre et allais dans le salon, attrapant ma veste en cuir noir qui se trouvait sur le rebord du canapé. Je l'enfilais tout en me dirigeant vers la porte d'entrée. Comme à mon habitude, je jetais un regard circulaire dans la pièce pour vérifier que tout était à sa place, et tout y était, je regardais mes chaussures et mes lacets bien faits, je replaçais bien le parapluie accroché au porte manteau, époussetais le manteau qui s'y trouvait et enfin j'attrapais mes clés sur la serrure.
    .
    Le temps n'était pas si beau que ça. Je pensais ne pas avoir besoin de mon parapluie, mais ce n'était peut-être pas si sûr. Le taxi qui m'avait amené dans la rue m'y déposa au bout, et je pus apprécier l'énorme bourrasque qui s’engouffra dans ma veste ouverte. Je m'empressais de remonter le col sur mes joues et d'en refermer le fermeture éclair. Hé zut. Je ne suis même pas assez couvert on dirait. Et puis, aucune possibilité de se mettre à l'extérieur... Mais quelle idée de donner rendez-vous dans un café pour apprendre à se servir d'un ordinateur. Qui avait eu cette idée ? Moi. Bien sûr. Je réajustais la lanière de la sacoche sur mon épaule et bravais le vent pour remonter la rue. J'avais pris soin à l'avance de choisir l'un des « pub » le plus calme de la rue, mais pourtant déjà, et malgré le mauvais temps, ça grouillait de partout. Je n'avais pas besoin de regarder ma montre pour savoir l'heure, ni encore moins deviner que j'étais en avance. Je détestais être en retard, c'est pour cette raison que j'arrivais toujours minimum un quart d'heure avant l'heure du rendez-vous. Cette fois ci n'avait pas échappé à la règle, et c'était bien avec vingt minutes d'avance que je poussais la porte du café dans lequel j'avais proposé le rendez-vous. Ah Feel Street et son ambiance. Sweeney Todd, j'aimais ce personnage. Je ne saurais dire pourquoi, mais il m'avait toujours attiré. Je n'avais pas vu le dernier film sorti à son effigie, mais j'en avais lu toutes les apparitions littéraires.
    Par chance, je trouvais un coin du café avec une table vide et m'empressais d'y aller m'installer, un couple d'Irlandais étant entré juste après moi dans la café avait eux aussi repérer la table. Alors qu'ils y arrivaient avec une dizaine de secondes de retard par rapport à moi, je leur lançais un sourire désolé, même si au fond, je m'en fichais complètement. Comme si je devais être désolé d'avoir été capable de courir plus vite qu'eux... Je posais la sacoche sur le siège à ma droite et passais ma main sur le bois lustré de la table. Comme si il faisait plutôt bon à l'intérieur du café, j'ouvrais ma veste et déboutonnais un bouton à ma chemise. Un homme avec une moustache parfaitement taillée vint à ma table.

      « - Bonjour, Monsieur. Vous désirez ?
      - J'attends quelqu'un, c'est possible de repasser plus tard ? »

    Un sourire bienveillant aux lèvres, l'homme hocha de la tête.

      « - Pas de problème. »

    Puis il repartit. Je sortais enfin mon portable et regardais l'heure rapidement. J'avais encore quinze minutes. Je remarquais également que j'avais reçu un texto de mon collègue, l'agent Blake, homme beaucoup plus vieux que moi qui persistait à me vouvoyer dans un respect totalement faussé. Que me voulait-il encore ? C'était mon jour de congé et je n'avais que faire de savoir si il arrivait à se débrouiller ou non le seul jour de la semaine où je n'étais pas derrière lui pour lui donner des choses à faire. A vrai dire, je n'avais que faire de lui tout simplement. C'était un incapable râleur qui jouait au caïd avec moi parce que j'étais plus jeune et que j'avais atteint un niveau plus élevé au sein de l'échelle sociale que représentait Scotland Yard. Je crois qu'il ne cessait de demander à Maddy de lui apporter son café, peut-être devrais-je lui demander un service ? Du style mettre du poison dans sa boisson, ou autre ?  
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MessageSujet: Re: hard technology / [PV Maddy Marlowe]   Jeu 15 Aoû - 11:36

Maddy avait du mal à se lier au travail. Elle faisait partie de cette race de personne plus répandue qu'on ne le pensait qui avait élevé l'innocente occupation de faire tapisserie à un véritable art de vivre. Le pire était sans doute qu'elle n'en avait pas vraiment envie, mais un égo minuscule constamment piétiné aussi par sa famille que par toute autre personne ayant un semblant d'orgueil ne l'aidait pas énormément. Elle devait même faire face à la terrible vérité, quelques mois ne lui avaient pas permis de lier de véritables amitiés à Scotland yard, mais en vérité la secrétaire jubilait intérieurement. Elle avait réussi à nouer un contact avec un collègue, un véritable agent de Scotland Yard. Il était très jeune, surtout pour avoir de telles responsabilités d'après les bruits de couloir (au fond Scotland Yard était une entreprise comme une autre) mais cela ne faisait que renforcer l'admiration de Maddy, qui avait tendance à aduler tout agent de police, même le plus banal et le plus moyen. Et chose curieuse qui l'avait marqué, il prêtait attention à elle, ce qui était pour le moins inhabituel pour la jeune femme. Haeresis, le genre de prénom qui avait le mérite de se retenir aisément, lui avait un jour confié avoir du mal avec les ordinateurs. Maddy avait du mal à y croire. Hae' était du genre brillant, et par brillant elle n'entendait pas le jeune homme plutôt doué avec de bonnes capacités, mais le génie. Comment ne pouvait-il pas réussir à maîtriser quelque chose d'aussi enfantin que l'informatique ? Il fallait croire que tout le monde avait ses défauts. Elle ne se souvenait plus très bien qui avait jeté l'idée en premier mais il n'empêche qu'ils avaient rendez-vous dans un café pour discuter technologie, ce qui dans l'esprit de Maddy représentait une rencontre idéale.

Elle n'avait pas travaillé ce jour-là, elle avait besoin de se reposer pour digérer les événements récents (nouveau travail, le célibat, encore) et s'était donc levée assez tard. Maddy était le genre de jeune femme un peu adulescente qui aimait à traînasser en pyjamas toute la journée, tablette de chocolat en main et discuter sur le chat avec ses relations virtuelles, l'écran comme une protection qui lui permettait de surmonter sa timidité naturelle. Autant dire que les rencontres réelles n'étaient pas sa tasse de thé. Il était rare qu'elle n'ait pas passé des heures à papoter sur le net avec une connaissance avant de la voir en chair et en os. Le café n'était pas sa tasse de thé. Cependant pour la seule personne qui semblait apporter un tantinet de considération à sa personne à ne pas la traiter en commise, Maddy acceptait de faire un effort de socialisation , comme aimait lui répéter sa mère au téléphone. Bien heureusement Hae n'avait l'air d'avoir la socialisation aisée non plus.

Elle était parvenue à trouver un jean et un haut potables parmi ses affaires étalées sur le sol de son studio. « Cela fera très bien l'affaire » se rassura-t-elle en en se regardant dans le miroir de sa salle de bain. Maddy descendit ensuite les escaliers de sa résidence, un bâtiment qui semblait être coincé dans les années 70 et entreprit d'aller à pieds jusqu'au café de Feel Street où Haeresis lui avait donné rendez-vous. L'air était un peu frais pour la saison, vivifiant aurait dit son père. Elle espérait gagner rapidement le petit café. Le vent était un peu trop frisquet à son goût. Il y avait déjà un peu de monde dans les rues. Londres semblait toujours être agitée, bruyante, terriblement vivante. Il y régnait cette atmosphère particulière qu'ont les villes à la mode. Était-elle en retard ? Maddy ne prit pas la peine de vérifier. Elle savait à peu près où se trouvait le lieu de rendez-vous.

Il semblait déjà y avoir un peu de monde dans le pub qu’avait choisi Hae’. Maddy s’agita un peu devant la vitre pour essayer de voir à l’intérieur. Elle aperçut rapidement son collègue, assis seul à une table et l’air pas très à l’aise. Elle était un peu rassurée de voir que ni l’un ni l’autre n’étaient à m’aise en public ou dans la foule. Attendait-il depuis longtemps ? Est-ce qu’elle était vraiment en retard ? Si c’était le cas c’était vraiment gênant. La secrétaire entra rapidement et se faufila entre les tables pour arriver à son but. Il régnait une agréable chaleur par rapport au vent extérieur, une chaleur que l’on pourrait appeler conviviale mais qui ne suffit pas à rassurer la jeune femme.

-Heu… Salut Hae’, j’espère que je ne suis pas en retard…

Sans même s’en apercevoir, elle avait pris un air de chien battu, une sale habitude dans les moments qu’elle jugeait un gênants. Sa voix également n’était pas très sûre. Maddy avait une légère tendance à bégayer avec les gens qu’elle ne connaissait que peu, et quand ce n’était pas le cas elle parlait trop vite ou pas assez fort. Elle s’installa en face du jeune homme et sortit son ordinateur portable de son sac. Elle avait payé une fortune pour se l’acheter.

- Comment ça se passe bien au travail ? Je sais que les anciens inspecteurs ne sont pas toujours les plus sympathiques. C’est l’une des choses que j’ai retenu depuis que je travaille à Scotland Yard. Je ne sais plus depuis combien de temps tu as rejoint les effectifs…

Maddy trouvait plus poli de ne pas partir immédiatement dans les détails et conseils informatiques. Elle avait comme l’intuition que discuter des points communs était une bonne façon d’entamer des relations positives avec d’autres êtres humains. Mais très vite elle en vint au sujet du jour. Parce qu’elle était trop curieuse et qu’elle n’y tenait plus.

-Tu as quels genres de problèmes en informatique ?
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MessageSujet: Re: hard technology / [PV Maddy Marlowe]   Mar 20 Aoû - 21:59

Hard technology
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et sinon toi tu bois quoi ?


    En attendant, je repensais à la cravate. Pourquoi, déjà, est-ce que j'avais une cravate dans mon armoire ? C'était le genre d'objet qui me rendrait encore plus maniaque. Si un jour je la portais, je serais constamment en train de m'inquiéter qu'elle soit de travers ou que le nœud soit mal fait. Je me souvenais en avoir portée une, une fois. Mais on avait fini par essayer de m'étrangler avec. Je repoussais ce souvenir dans un coin de mon cerveau, ce n'était pas le moment de retourner dans les méandres du passé. Je faisais tourner machinalement mon portable entre mes doigts, réfléchissant, comme d'habitude, au moindre sujet qui me passait par la tête. Et comme toujours, c'était l'enquête sur laquelle j'étais qui accaparait tout mon esprit. J'avais beau être en congé, je continuais bien évidement à réfléchir, à m'interroger, à noter des hypothèses. Si je pouvais, je ne prendrais pas de jour de congé. Quand je commençais quelque chose, quand j'avais ne serait-ce qu'une petite idée en tête, ça devenait obsessionnel pour moi, il fallait que j'aille au bout de mon raisonnement, au bout de l'histoire. Je n'avais toujours pas répondu à Blake, d'ailleurs, mais il était loin d'être le cadet de mes soucis. Comment gagner le respect quand la personne te méprise ? Pourquoi toutes ces personnes dans Scotland Yard devaient mépriser les autres ? Et quand je veux dire les autres, je parle des personnes avec des facilités. Surtout que je n'étais pas le genre de personne à m'en vanter. Et de ce fait, parce que je ne parlais que très peu de moi, pour ne pas dire que je ne parlais pas du tout, je savais que beaucoup de rumeurs couraient à mon sujet au Yard. Ça allait de petites suppositions comme quoi mes parents étaient riches et que j'avais été pistonné, à ce que j'avais couché avec je ne sais qui de l'administration, quelqu'un de haut placé pouvant m'ouvrir les portes de la gloire au sein de Scotland Yard. J'ai une tête à coucher avec n'importe qui pour ce genre de chose, franchement ? Et je suis orphelin, et je n'ai jamais considéré avoir eu une famille, alors le piston, bah voyons... D'autres disaient encore que j'avais été en prison pour meurtre dans ma jeunesse... Celle là était encore facile à démentir, qui prendrait pour criminologue un jeune avec un casier aussi rempli ? Bon sang, les gens manquaient d'originalité. Heureusement, la personne que j'attendais n'était pas mon ennemie.
    Et elle arrivait. Je la remarquais se faufilant entre les tables pour me rejoindre. Je tentais de lui sortir un sourire plutôt à l'aise, qui se trouva relativement satisfaisant et posais mon portable sur la table, me disant que Blake allait devoir attendre encore longtemps. Même si ce n'était pas la meilleure façon de gagner son respect. Tant pis.

      « - Heu... Salut Hæ', j'espère que je ne suis pas en retard...
      - Euh, non, pas de soucis. »

    A dire vrai, je n'en savais strictement rien, j'avais perdu le fil des minutes à rester pensif. Mais qui s'en fichait maintenant, elle était arrivée, c'était le principal. Je remarquais ce petit air de chien battu sur son visage, ce qui me fit sourire, mais par réflexe, mes lèvres ne s'étirèrent qu'à peine une seconde et je détournais l'attention en regardant sur le côté comme si je cherchais le serveur du regard. (celui-ci étant soigneusement caché derrière son bar). Quand je cessais de jouer un jeu tout à fait ridicule et que je tournais la tête de nouveau vers elle, je découvrais son ordinateur. Un véritable champion face au mien. Sans m'en rendre compte, je devenais plus ou moins admiratif. Comment piloter une bête comme ça ? C'était tout bonnement impossible pour moi. Je jetais un petit regard en coin sur la sacoche avec mon PC à côté de moi. J'en avais honte d'avoir à le sortir. Je décidais donc de le laisser cacher pendant un moment.

      « - Comment ça se passe au travail ? Je sais que les anciens inspecteurs ne sont pas toujours les plus sympathiques. C'est l'une des choses que j'ai retenu depuis que je travaille à Scotland Yard. Je ne sais plus depuis combien de temps tu as rejoint les effectifs. »

    Je levais les yeux vers elle et croisais son regard. Je pensais qu'elle était plus ou moins timide comme moi, mais contrairement à moi, elle semblait capable de me parler autant sans problème apparent. Honte à moi, j'étais loin d'être capable de répondre à toutes ses questions d'une traite. Je joignais mes mains en les posant sur la table et faisais mine de réfléchir. Je commençais à secouer ma tête de droite à gauche, doucement, ce que je faisais toujours quand je cherchais mes mots.

      « - Ça doit faire un peu moins d'un an que je suis là. »

    Je marquais une courte pause et un sourire ironique parcourut mes lèvres.

      « - Oui, l'entente avec certains collègues reste difficile. »

    Je lançais un regard à mon portable. J'étais en train d'estimer le temps que j'avais avant que Blake ne commence à me harceler.

      « - Cependant, on m'a dit beaucoup de bien de vo... Toi. »

    Je me reprenais assez vite avant de ne la vouvoyer. C'était mon côté vieux jeu qui refaisait surface... Enfin, on m'a dit, on m'a dit, c'est un bien grand mot. J'ai plutôt entendu dire. Je n'avais pas pour habitude de mentir, à dire vrai je ne mentais jamais, mais je n'avais pas vraiment envie de passer pour le psychopathe de service, qui, au lieu de passer sa pause avec ses collègues, se contente de camper dans un coin et d'observer tout le monde. Et puis au final, ce n'était pas vraiment un mensonge. Du moins je l'espère.

      « - Tu as quels genres de problèmes en informatique ? »

    Je me grattais discrètement la tempe. Voilà un secret que j'avais eu beaucoup de mal à garder auprès de mes collègues, mes lacunes en informatique. Je me penchais légèrement en avant sur la table en parlant à voix basse et avec un petit sourire moqueur.

      « - C'est vraiment la honte, hein, c'est ça ? »

    A vrai dire, je me trouvais assez ironique. On me disait souvent que j'étais bien trop mature pour mon âge, une fois même j'avais eu le droit à quelque chose du genre 'En fait c'est un vieux dans un corps de jeune'. Ma maturité me jouait des tours, et parfois, c'est ma mentalité qui en souffrait. Mais ce qui me faisait rire là dedans, c'est que oui, comme la plupart des 'vieux', il faut l'avouer, j'étais complètement nul en informatique. Ma réputation me suivait.

      « - Pour tout te dire, c'est à peine si j'arrive à allumer mon engin. Je rédige tous mes rapports à la machine à écrire et je paye un jeune dans mon immeuble pour qu'il retape tout sur PC... »

    Wouha, j'avais dévoilé un de mes petits secrets.

      « - Mais c'est un sacré spécimen que tu as là, il a dû te coûter cher ! »

    Non, non, je n’essayais pas vraiment de changer de sujet. De toute façon, j'allais bien devoir finir par y passer. Prenant plus ou moins mon courage à deux mains, je me levais et m'asseyais à la chaise à côté d'elle pour pouvoir voir de plus près son ordinateur. Je n'oserais jamais le toucher, je ne sais pas pourquoi, mais j'avais l'impression comme si je transmettais de mauvaises ondes, il suffisait que je ne m'approche trop près et que les circuits grillent.

      « - Alors la demoiselle est arrivée, vous désirez, à boire ? »

    Le serveur qui venait d'apparaître à notre table me fit légèrement sursauter.

      « - Hum... Un chocolat chaud. Et toi ? »

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MessageSujet: Re: hard technology / [PV Maddy Marlowe]   Ven 30 Aoû - 14:34

Maddy faisait toujours des efforts quand un inconnu prenait la peine de s'intéresser à elle. Parfois, elle avait tellement envie de faire bonne impression qu'elle débitait banalité sur banalité de peur de laisser un blanc dans la conversation, de paraître mal à l'aise, d'ennuyer son interlocuteur. Elle savait que converser ainsi fatiguer la personne en face d'elle mais elle ne pouvait s'en empêcher. Elle espérait ne pas être retombée dans ce travers, même si Hae' ne le relèverait sans doute pas. Il était lui-même particulièrement laconique et était sans doute bien trop correct pour lui avouer franchement ce genre de chose. Mais elle elle s'aperçut qu'elle avait encore été un peu vite en besogne et rougit légèrement.

Hae lui assura qu'elle n'était pas en retard, c'était une bonne chose, un souci de moins. Elle rangea son air pitoyable. Maddy était dotée d'une certain nombre de craintes vis-à-vis des réactions de ses contemporains. Elle s'était auto-diagnostiquée une forme de phobie sociale, du genre qui naissait avec la peur du ridicule. Elle se rappelait parfois un dialogue d'un film, Mary & Max, quand Max Horowitz écrit à sa seule amie que les gens le troublent souvent et que dans sa confusion, il est incapable de les comprendre. Elle s'installa en face d'Haeresis. Ils devaient former un bien étrange duo, ni l'un ni l'autre ne semblaient être à leur aise.

Maddy fut assez flattée de voir le regard admiratif que le jeune homme jeta à son propre ordinateur, sa vie, sa fierté. Une machine pour laquelle elle avait littéralement cassée sa tirelire, pour laquelle elle s'était contrainte à se nourrir de pâtes dans un minuscule studio pour des mois et qu'elle avait amélioré elle-même. La jeune femme faisait partie de ces personnes qui n'avaient nul besoin de vivre dans l'opulence et pouvait se contenter de peu tant qu'elle s'adonnait à sa passion.
Hae répondit posément à ses questions, en quelques mots à peine. Maddy s'agita un peu sur sa chaise, mal à l'aise. Il ne semblait pas habitué à faire les mêmes efforts qu'elle-même s'entêtait à faire. Elle plissa cependant les yeux avec suspicion. Elle n'était à Scotland Yard que depuis quelques mois, donc comment qui que ce soit pouvait avoir dit du bien sur elle ?

-Ah bon ? S'entendit-elle répondre sans même dissimuler sa surprise. C'est étonnant. Je ne suis pourtant pas à Scotland Yard depuis très longtemps...

Elle supposa qu'il s'agissait là d'une manœuvre visant à complimenter la jeune femme, peut-être même pour la remercier de s'être déplacée. Dans son esprit, Maddy ne s'était illustrée que dans sa maladresse et ses talents innés pour faire tapisserie. Elle se demandait tout de même, dans l'hypothèse très fragile que ce fut réel, qui avait bien pu se souvenir d'elle assez pour en parler, et pire, pour l'encenser ?

La question de l'informatique le gênait. Maddy le vit tout de suite à sa manière de passer sa main dans on cou. La jeune femme se contenta de prendre un air compréhensif qu'elle ne put conserver bien longtemps

-Oh non. Peu de gens sont doués en informatique...

Mais quand elle entendit l'explication d'Haeresis, elle avait l'impression que sa tignasse rousse s'était dressée sur la tête que ses yeux avaient doublé de volume. En vérité elle n'avait jamais entendu un cas aussi extrême, à part peut-être chez des grand-parents technophobes. Ne pas savoir allumer un ordinateur. Être obligé de taper ses rapports à la machine à écrire. Maddy ne blâmait pas les machines à écrire, attention ! Elle trouvait cet instrument bien noble et dotée du charme un peu suranné d'un lointain passé, mais devoir se servir d'un intermédiaire pour écrire sur un ordinateur, voilà qui faisait naître en elle un sentiment de profonde stupéfaction.

-Ah oui, quand même... articula-t-elle.

Voilà qui expliquait la gêne d'Hae qui reporta son attention sur sa machine.

-Surtout avec un salaire de secrétaire.

Maddy repensa soudainement aux paquets de pâtes, mais cette vision ne put l'éloigner longtemps de la pensée du travail qu'elle aurait accomplir pour arriver à tirer le jeune homme à un niveau à défaut de correct, peut-être au moins médiocre. Elle espérait n'avoir pas trop mis d'amertume dans ses mots mais elle ne pouvait d'être un peu frustrée d'être cantonnée à un rôle de subalterne à cause de sa malchance.
Haeresis était comme fasciné par l’ordinateur de Maddy, et elle comprenait bien pourquoi. Il s'était approché de l'engin et était à présent à côté d'elle.

-Ce n'est pas aussi difficile que ça en a l'air.

Cela devait paraître comme une tentative assez maladroite pour le rassurer, mais elle pensait vraiment ce qu'elle disait. Ce n'était bien sûr pass suffisant pour qu'Hae le pense à son tour. L'arrivée duserveur coupa court à ses pensées.

-Hum... Un chocolat chaud aussi, s'il vous plaît.

Maddy redoutait un brin l'arrivée de boisson à cette table. Les récipients de toute sorte étaient ptis de folie à son approche, déversant soudainement leurs liquides dès qu'elle était dans le secteur. La secrétaire cacha cette crainte un peu irrationnelle et reprit avec un sourire encourageant.

-Ce ne sont pas des boîtes magiques, les ordinateurs obéissent à une logique mathématique. Appuie sur une touche et il se passera exactement ce qu'il doit se passer. Allumer un ordinateur est enfantin.

Elle pressa la touche de démarrage, et la puissante machine commença à vibrer légèrement en émettant un bourdonnement à peine audible. Maddy connaissait ce son par cœur et adorait l'écouter comme une douce musique rassurante.

-certains mettent plus de temps que d'autres à démarrer, mais le mien étant un champion spécialement amélioré par mes soins et de quelques amis encore plus pointus que moi en la matière, il est plus réactif que la plupart des ordinateurs que l'on trouve. Essaie donc avec le tien.

Maddy lança de nouveau un regard encourageant à Haeresis. Il ne refuserait quand même pas à s'essayer à quelque chose d'aussi enfantin, surtout quand il était sous sa supervision ? Mais la jeune femme était la première consciente de la difficulté de dépasser ses doutes pour arriver à apprendre un geste à première vue anodin mais qui pour d'autres prenait la forme d'une véritable épreuve.

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