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 Love or Prison

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MessageSujet: Re: Love or Prison   Mer 12 Fév - 21:46

Je ne m'étais pas fait prier davantage. Je me deshabillais et pliais soigneusement le haut et le pantalon qu'elle avait eu la gentillesse de me prêter avant de les poser sur une chaise... Silencieusement, je me glissais sous la couette. Mais qu'est ce que je faisais ? Je l'ignorais, j'agissais presque d'instinct, je ne voulais pas la froisser davantage. Je posais une main sur sa taille. Elle était protégée pour cette nuit dans cette chambre obscure où les ténèbres régnaient. Le bruit de la pluie dehors, l'unique instrument de la symphonie ambiante... Ashley avait le corps chaud, elle était détendue, elle respirait calmement... Elle était en sécurité, et j'allais veiller à ce qu'elle le reste...

- Bonne nuit, Ashley...

Je passais ma main dans ses cheveux bruns, entendais son corps bouger, s'étirer, elle dormait bien...Les battements de son coeur qui servaient de pulsation à la pluie qui s'abattait froidement dehors... Mes yeux restaient ouverts, je la regardais dormir. Elle était tranquille, en sécurité, apaisée, elle dormait du sommeil du juste... Je l'enviais. Dormir en n'étant pas tourmenté par d'interminables cauchemars, quelque chose de totalement normal pour les gens qui l'étaient, mais pour moi, c'était à l'instar d'une apparition divine ou d'une immaculée conception, improbable, grotesque de penser qu'un jour ça devienne possible... Dors bien, Ashley, profite-en car tu le peux, pensais-je...

Je veillais. De toute évidence, même en sa présence, je ne trouverai pas l'apaisement du sommeil. Quelle chanceuse... Mais pourtant, je n'arrêtais pas de me poser la même question... Pourquoi faire tout ça pour elle ? Enfin, "tout ça", si l'on reprend ses propos... Je ne trouvais pas la réponse à cette question qui était pourtant si facile à répondre. Ma main caressait sa taille, espérant avoir un aperçu du repos duquel elle jouissait de par son contact. Mais rien ne vint. Bien des hommes à ma place auraient certainement profité de la situation pour laisser leur côté primitif s'exprimer. Mais pas moi. Non, pas moi. Certainement le traumatisme de mon enfance qui m'ayant déjà condamné à devenir une bête enragée devant assouvir son besoin de sang a jugé bon de ne pas me doter de sentiments ou de désirs humains... Et après, c'était moi le psychopathe...

La nuit était longue. La pluie ne cessait pas, elle continuait de plus belle, tombant abondamment et avec beaucoup de bruit... Mon bras se mit à trembler. J'étais seul avec elle, elle dormait, aucun témoin, cette chambre et cet appartement étaient truffés d'armes dans tous les coins... Tue... Tue la... Tue la... Non... Je devais respecter le Code. Et surtout... Pas elle. Pas ELLE ! Oui. C'était pour cette raison que je préférais avoir des connaissances virtuelles, numériques... Je ne risquais pas de vouloir les tuer pour apaiser mon envie de meurtre... Certains ne pouvaient pas retenir leurs pulsions sexuelles, certains négociaient la moindre dépense avec les commercants, d'autres ne pouvaient pas s'empêcher d'être jaloux de la première chose qui leur était selon eux supérieure... Mais moi... J'avais de bien pires démons... La pulsion meurtrière, une vraie pathologie en soi... J'étais décidément bon à interner selon la société. Mais cette dernière avait besoin de moi. Mais si je devais avoir besoin d'elle, m'aiderait-elle ? Je refusais de faire du mal à Ashley... C'était lui qui devais mourir... Lui...LUI ! Fowler... J'étais excité à l'idée de l'avoir au bout de mon couteau, de le voir couché sur les pavés dans une mare de sang... Mon rituel, en somme... Puis mes yeux finirent par se fermer quelques instants...

Ces abysses de ténèbres dans lesquelles je plongeais étaient froides, silencieuses... Puis j'en fus sorti. Mes yeux s'ouvrirent. Ashley. Elle s'était tournée pendant son sommeil. Son souffle chaud caressait mes lèvres au fur et à mesure qu'il sortait de sa bouche entrouverte. Ses cheveux couleur chocolat cascadaient sur son visage d'adolescente. Elle dormait comme un ange. Puis elle s'approcha durant son sommeil. Ses lèvres touchaient les miennes, nos souffles se croisaient... Venant de quelqu'un d'extérieur, cette vision serait certainement romantique...

Le temps ne s'écoulait plus. Tout était figé. Je sentais son rythme cardiaque stagner. Elle n'était pas consciente de ce qu'il se passait, certainement... Elle posait une main sur mon dos. Moi, je n'avais pas bougé ma main, elle s'était retrouvée sur la taille d'Ashley, le côté que je n'avais pas touché plus tôt. Je finissais par passer ma main dans ses cheveux pour lui enlever les quelques mèches qui occupaient son visage. Je me sentais plus calme en la voyant endormie, apaisée. Mes yeux l'observaient sans cligner, elle devait bien dormir... C'est ainsi que la nuit passa. Lentement. Mais je me sentais bien... Durant les heures qui nous séparaient du matin, je la regardais dormir. Je ne pouvais pas dormir. Je ne voulais pas dormir. La regarder se reposer m'apaisait aussi. Comme si je dormais les yeux ouverts... Longtemps...

Le premier rayon du soleil vint transpercer la nuit. Avec douceur, je me détachais d'elle -à regrets, à ma grande surprise- avant de saisir les vêtements de la veille. Je me sentais sale, pas l'habitude de porter des habits deux jours de suite... Mais qu'importait. Cette nuit était l'une des meilleures de ma vie. Sans mentir, sans me mentir. J'étais reposé. Je pris mon manteau avant d'arriver aux volets pour les fermer sans bruit. Je voulais qu'elle puisse dormir comme ça le plus longtemps possible... C'est alors que je sortis de la chambre, en fermant la porte, m'apprêtant à sortir de son appartement... Je descendais l'escalier du couloir avant d'arriver en bas en prenant les clés. Il était tôt, le brouillard de la nuit ne s'était pas encore levé... C'est alors que je partis dans une boulangerie...

- Good morning !
- Good morning ! Qu'est ce que ce sera ?
- Hmmm je vois que vous avez des donuts, j'en prendrais trois au chocolat et... Trois aux pommes.
- Très bien très bien, autre chose ?
- Yes please, je vous prendrais volontiers quatre croissants.


Un petit déjeuner qui n'allait pas être très anglais attendrait Ashley à son réveil. Il fallait avouer que l'on était pas les numéro un du petit déjeuner, et ça, beaucoup d'anglais l'avaient compris !

Je montais les étages une fois arrivé. J'ouvrais la porte, installais le sac de pâtisseries sur le comptoir de la cuisine...

Ashley s'était réveillée. Je l'avais entendu se lever dans sa chambre. La jeune femme me vit servir le thé du matin une fois sortie de son domaine. Je lui parlais de façon enjouée.

- Good morning ! Bien dormi, Honey ?
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MessageSujet: Re: Love or Prison   Dim 16 Fév - 23:03

Mon cœur s’emballe quand il me serre contre lui pour me ramener dans ma chambre. Pourquoi ? Qu’est-ce qu’il veut ? Il aurait changé d’avis ? Non, il a pitié de moi, et ne veut pas me laisser seule, totalement anéantie. Et en même temps, le fait qu’il reste me fait autant de mal que de bien, un peu comme laisser une lame dans la plaie car si on l’ôte, on risquerait l’hémorragie. Il me dépose sur mon lit, et je l’entends se déshabiller avant me rejoindre. Aucun geste déplacé, rien qui pourrait prêter à confusion. L’attitude du gentil grand frère, ou du parfait meilleur ami. Mais au fil des minutes, je m’apaise, et petit à petit je me dis que j’ai de la chance de m’avoir, même dans une relation platonique. Il m’apporte tellement ces derniers temps, que je pourrais m’en contenter, de rester comme ça avec lui, mon frère, mon meilleur ami, mon sauveteur, mon guérisseur. Mais pas mon amant. Je sens sa main sur ma taille, son corps chaud contre le mien, qui érige comme une barrière entre moi et le monde. Un attrape-rêves vivant, pour protéger ma nuit. Son souffle me berce, tout comme la pluie qui nous a rincés un peu plus tôt.

Petit à petit je me sens partir doucement, et je me laisse aller, lovée entre ses bras. Des images se succèdent, et je me retrouve encore une fois dans la ruelle. Encore une fois je marche, j’entends des pas derrière moi, des pas qui se rapprochent. Du coin de l’œil, j’aperçois un type en cagoule et je me mets à courir. Pourtant les pas sont plus rapides que les miens, et avant que je ne puisse faire quoi que ce soit, je me sens plaquée contre le mur en briques que ma tête heurte lourdement. Ma vue se trouble, et je me débats mollement alors que je tente de retrouver mes esprits. Je vois l’éclat d’une lame, mais d’un seul coup j’entends une voix, une voix que je reconnais bien. Jarod. « Laisse-la ! ». Son ton est froid et calme. Il s’approche de mon agresseur, qui a suspendu son geste. Sa main se pose sur l’épaule du type qui est toujours trop près de moi, et le tire en arrière. L’homme disparaît dans le brouillard, alors que Jarod m’ouvre ses bras. Je m’y précipite, et comme à son habitude, il glisse son bras dans mon dos, l’autre autour de mes épaules, et ses lèvres viennent se poser dans mes cheveux. « Je suis là Ash… je suis là ». J’ouvre les yeux. Je mets quelques secondes à réaliser ce qui se passe, que je suis dans mon lit, et pas là-bas. Et à constater que je ne suis pas seule. Je souris en le voyant dormir tout près de moi, face à moi, les yeux clos. Pour la première fois, il a réussi à briser le cercle. Pour la première fois, il a changé le cauchemar que je faisais nuit après nuit depuis mon agression. Il a réussi à donner une fin heureuse à mes galères, même dans mes rêves. J’ai envie de rire, de lui sauter au cou, et de pleurer en même temps. Je ne m’étais jamais imaginée qu’une seule personne pouvait arriver à faire autant, à compter autant. Pourtant, ça fait que quelques semaines, à peine plus qu’un mois qu’il est apparu dans ma vie et là… Sa main est posée sur ma taille, je lui fais face, je suis bien. Ma main s’avance timidement pour lui caresser la joue, sa barbe de quelques jours piquant le bout de mes doigts. J’ai peur de le réveiller, mais je m’avance très légèrement vers lui, et j’effleure ses lèvres des miennes. Pendant une seconde, rien qu’une illusion de baiser, pour ne pas trop m’emballer. Sauf que mes lèvres ne peuvent retenir le murmure qui s’en échappe. « Je t’aime Jarod… ». C’est idiot, un vrai truc de midinette, mais c’était vrai. Je referme les yeux, me blottis contre lui et me laisse regagner par le sommeil.

J’ouvre les yeux et il fait déjà jour. Enfin, je vois les rayons du soleil qui filtrent au travers des rideaux fermés. Bizarre, je me souviens pas de les avoir fermés. Je me tourne, et remarque que je suis seule. J’ai un pincement au cœur à l’idée que Jarod est parti, mais après tout, c’est pas mon baby-sitter, et c’était déjà génial de sa part de rester auprès de moi après la journée d’hier. Je repousse la couette et mes pieds nus se posent sur le parquet froid. J’ouvre les volets et les fenêtres, et je me traîne dans le salon en me grattant la tête, les cheveux en pétard. Je relève la tête en entendant du bruit, et là je m’arrête sans comprendre. Jarod est là, en face de moi, en train de finir de préparer le petit déjeuner. Un sourire ému apparaît sur mes lèvres quand il m’accueille avec sa chaleur habituelle, et je fonds quand il m’appelle ‘’Honey’’. Putain mais pourquoi est-ce qu’il se donne autant de mal ? J’essaie maladroitement de me recoiffer un peu, prie pour ne pas avoir une haleine de poney, et m’avance vers le comptoir qui sépare la cuisine du salon. Je grimpe sur un des tabourets, et le regarde, toujours stupéfaite.

Wow… j’ai dormi combien de temps en fait ? Rassure-moi, je viens pas de rater les cinq dernières années de notre vie où on s’est mariés et on a eu deux enfants ?

Je ris doucement et prends la tasse de thé qu’il me tend avant d’en boire une gorgée. Juste comme j’aime. C’est là que je remarque les viennoiseries. Sérieusement, en plus de jouer les polochons humains, le mec s’est quand même donné la peine d’aller chercher les croissants ! Mais qu’est-ce que ça doit être quand il tire son coup, il offre une forêt de roses et un feu d’artifice ? J’attrape une douceur et mords dedans, faisant descendre le tout avec du thé.

Mais t’es fou ! T’aurais ouvert une boite de crackers dans le placard, j’aurais été heureuse ! Merci… merci pour tout. Je ne sais pas ce que je ferai sans toi…

Je tends la main pour caresser son visage, et à nouveau je sens sous mes doigts sa barbe qui me pique légèrement, accompagné d’un sourire. Ca ne dure qu’un instant, je sais qu’il n’est pas si à l’aise que ça avec le contact physique, et j’ai pas envie de le mettre mal à l’aise. Je termine mon croissant, tout comme ma tasse de thé, et d’un coup je repense à quelque chose.

Eh mais, tu vas pas être en retard au boulot ? On est quel jour au fait ? Quand on vit entre quatre murs, on oublie la notion du temps…

Je suis soulagée en apprenant que ma petite crise d’hier ne lui attire pas d’emmerdes point de vue boulot, et je m’essuie les mains à une serviette avant de reprendre la discussion.

Tu dois avoir un million de choses à faire… Je peux te laver tes vêtements si tu veux ! Mais je veux pas te forcer à passer tout ton week end ici…

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MessageSujet: Re: Love or Prison   Mer 19 Fév - 21:23

Reposée, la brune s'installa sur un tabouret devant moi. Son thé fut servi, ses viennoiseries également. Un vrai petit déjeuner l'attendait. C'était une des raisons qui faisaient que j'étais resté là. Pour me rassurer qu'elle mange ce qui vient de l'extérieur. Je voulais qu'elle se réconcilie avec le monde, les gens, la vie. J'allais l'aider, j'allais réussir. Elle était surprise, très certainement de me voir là à nouveau, comme si j'avais élu domicile chez elle. Sa nounou, son majordome, même s'il n'en n'était rien. Je prenais plaisir à aider mon amie. Ma très chère amie... Elle savourait ses douceurs sucrées et son thé bien chaud alors que le soleil du jour illuminait son visage plus qu'il ne l'était déjà. La bonne humeur était au rendez-vous.

- Oh, tu as dormi longtemps, huit ou neuf heures, tu as passé une bonne nuit ? Au vu de ta mine rayonnante, j'en déduis que oui ! Rassure-toi, tu n'as pas eu de marmots pendant la nuit, autrement, je pense que tu n'aurais pas aussi bien dormi ! Ha ha ha !

Cette question qu'elle m'avait posé ressemblait fort à un message subliminal. Tout ça ressemblait fort à un "Je t'aime". Mais au fond, avec le repos et un peu de recul, était-elle toujours sous l'emprise du sentiment de reconnaissance pour quelqu'un qui l'a aidée ? Ou était-elle honnête ? Ce toucher de lèvres qui dura tout le restant de la nuit me laissait supposer que mon intuition du Ripper ne me trompait pas. Je préférais ne pas y penser à l'heure actuelle, je ne voulais pas manipuler les sentiments des gens, en aucun cas je n'allais m'engager sentimentalement sans être sûr de pouvoir pleinement ressentir ces émotions. Ce qui m'étonnait le plus, en réalité, c'était qu'en sa présence, en deux soirs, j'ai ressenti plus d'émotions qu'en vingt ans d'existence... Etait-ce un signe ? Elle ne savait pas ce qu'elle ferait sans moi et je me posais la même question... Maintenant que je perçois quelques émotions en sa présence, que ferais-je sans elle ?

- Une boîte de crackers ? Tu n'y penses pas, quand même ! Ce serait autre chose qu'un petit déjeuner, autrement... Mange, va, ça te fera du bien, il faut bien commencer ta journée !

Elle posa sa main sur ma joue. Je lui adressais un sourire. C'était la première fois qu'une femme me touchait. Sa main encore molle et engourdie par le sommeil était douce et un peu chaude par la température de son thé. Elle eut un moment d'égarement quant au jour de la semaine. Samedi. On était Samedi. Je n'avais pas perdu la mienne, heureusement. Ma ligne de conduite m'obligeait à ne jamais être absent à un jour de travail pour éviter de paraître louche. Ca faisait partie du Code d'Anne... J'avais déjà prévu ma journée : La passer avec Ashley à l'aider. Et je savais déjà quoi faire...

- On est Samedi, Honey, le jour des fêtes et des soirées ! D'ailleurs, aujourd'hui c'est une fête : ta renaissance ! Dis-je avec un sourire en coin.

J'élargeais mon sourire quand elle eut fini son petit déjeuner. J'avais ma petite idée de quoi faire pour prendre soin d'elle et l'aider à fracasser les murs de sa prison pour sortir quand elle en avait l'envie. Ma méthode n'était peut être pas la plus conseillée par les psychologues, mais après tout, que savent les psychologues des gens qui ont frôlé la mort ? Rien ! Je ne le savais que trop bien, je ne pouvais que comprendre la demoiselle...

- En fait, Ashley, je n'ai qu'une seule chose à faire aujourd'hui, à savoir être près de toi, je le dois et surtout, je le veux. Je serai là tant que tu le voudras. Quand tu auras fini de digérer, habille toi, je ne veux pas que tu attrapes froid ! Le soleil brille, mais ça ne veut pas systématiquement dire qu'il fait chaud...

Bientôt, elle fut habillée, chaussures aux pieds. Debout, j'accedais à l'entrée, empoignant le manteau de mon amie. Elle allait sortir. Oh oui. J'allais la faire sortir pour l'aider. On ne peut vaincre ses peurs que si on les affronte. Je ne me souviens plus de qui je tiens cette citation, mais elle est vraie, surtout en ce cas là. Je la voyais déjà pâlir, elle comprit où je voulais en venir. Je lui tendais son vêtement et la main. Elle sortirait, mais ne serait pas seule. C'aurait juste été de la torture de la mettre devant son appartement et de fermer la porte à clef pour la laisser en proie à la ville qui, pour elle, était plus qu'hostile.

- Avant de dire quoi que ce soit, enfile ton manteau et donne moi la main. On va t'aider à sortir... Tu me fais confiance ?

Elle prit ma main après avoir enfilé son vêtement bien chaud. Elle prit ses clefs avant de me suivre. Je fermais la porte derrière elle. Personne dans l'escalier. On descendait doucement les marches, à son rythme. Je sentais sa main serrer la mienne. Elle avait peur, je le ressentais très bien. Courage, Ashley, tu vas y arriver, lui murmurais-je à l'oreille. Puis, elle et moi arrivions à la grande porte d'en bas. Je sentais son coeur battre. Fort. Je me décidais à lui parler, elle devait être rassurée.

- Je suis là, Ashley, personne ne te fera de mal, il ne t'arrivera rien. Je te le promets.

J'ouvris la porte et l'air entra dans le couloir froid. Je me glissais derrière elle, les mains sur les épaules pour la faire sortir. Doucement, à son rythme. A tâtons, elle s'avança. Jusqu'à ce que l'on finisse par sortir. Le vent lui caressa le visage, ainsi que le mien. Je lui caressais chaleureusement les épaules, comme pour lui donner du courage. La veille, elle était sortie sur le toit, aujourd'hui, c'était dans sa rue... Je marchais en douceur, petits pas par petits pas, jusqu'à voir l'ombre de la tache que j'avais vu la première fois que j'étais venu chez elle... A en juger par le rythme cardiaque d'Ashley qui battait aussi vite qu'un étalon au triple galop, j'en déduisais que c'était ici qu'elle avait été agressée... Je serrais mon étreinte sur elle, la voulant rassurante...

- C'est en partie pour ça que je veux t'aider à sortir... Pour qu'il moisisse en prison... Comme il le mérite...


Fowler... Il serait condamné après le procès dont la date allait être définie d'ici peu de temps. Elle devait être prête... Je sentais son coeur qui se calmait. Le vent, le bitume, la route, les lampadaires... Je la libérais légèrement de mon étreinte, laissant seulement mes paumes sur ses épaules, avec une poigne douce, pleine de chaleur. On marchait, lentement, les oiseaux piaillaient, les voitures étaient à l'arrêt pour la plupart. Après tout, le samedi matin n'était pas le moment de la semaine où toutes les rues étaient noires de monde... Le moment rêvé pour entamer la thérapie d'Ashley. Quelques mètres plus tard, je desserrais mes mains de ses bras jusqu'à les toucher seulement avec mes doigts. Le trottoir était seulement occupé par nous, pour l'instant. Je lui chuchotais quelques mots à l'oreille.

- Je suis là, Ashley, je ne partirai pas, je resterai derrière toi. Tu n'as rien à craindre... Tu fais preuve d'un grand courage... C'est très bien. On marche à ton rythme, ne te presse pas pour me faire plaisir ou m'impressionner, on est là pour t'aider...

Je voulais la rassurer au mieux, mais je savais qu'il allait arriver un moment où psychologiquement elle aurait un peu plus de mal à marcher dehors... Je lui caressais les cheveux pendant que le temps s'écoulait... On allait y arriver, j'y croyais...

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MessageSujet: Re: Love or Prison   Ven 21 Fév - 10:40

Je ne savais pas si je devais être flippée, ou heureuse, de voir à quel point la présence de Jarod auprès de moi, de le voir en me levant le matin, m’était devenue si familière et même nécessaire. Normal. Normal de me lever le matin et de le voir dans ma cuisine en train de nous faire du thé. Normal de le sentir près de moi, de parler de tout et de rien. Qu’il m’aide, qu’il m’aide en étant simplement là. Je savoure mon petit déjeuner, qui ce matin semblait avoir un goût tout particulier, et prend des nouvelles de mon beau chevalier servant en armure de matériel informatique. J’avoue que je ne suis même pas trop étonnée quand il m’annonce combien de temps j’ai dormi. Je me sens bien, et reposée. La première nuit complète depuis des mois, la première nuit sans cauchemar. Un moment, je suis tentée de lui raconter mon rêve, de lui dire que c’était lui qui avait mis mon agresseur en fuite, mais je préfère passer ça sous silence. Après le baiser de la veille, je ne veux pas le faire flipper en lui filant encore un détail de plus qui me ferait passer pour une amoureuse hystérique. Je souris à sa vanne, même si pendant un instant, l’idée d’avoir des mômes avec lui, ou en tout cas de vivre à ses côtés, vient frapper à la porte de mon côté midinette. Allez ma grande, il t’a envoyée bouler hier, c’est pas pour que tu recommences à déconner aujourd’hui.

Je bois une gorgée de thé et mes sourcils se haussent alors qu’il dit que le samedi c’est le jour des soirées et qu’on va fêter ma renaissance.

Bah, depuis quelques temps, je pense que tu sais que je ne suis pas vraiment enchantée à l’idée d’aller dehors. Trop de cons, de gens pas sympas, et de violeurs en série.

Alors que oui, j’aimais sortir. J’aimais passer des soirées au pub, au cinéma ou dans les squares quand il faisait beau. Et tout ça me manque au point de me faire mal. Jarod a ouvert une fenêtre sur le monde, mais la porte qui y mène est toujours fermée. Enfin… c’est ce que je crois, jusqu’à ce que j’entende ce qu’il a prévu pour nous deux aujourd’hui. Encore une fois, il joue les prince charmant en disant qu’il allait me consacrer son samedi. Mais pourquoi ? Pourquoi moi ? Est-ce qu’il n’a pas de vie ? Pas d’amis ? Et surtout, rien de mieux à faire que d’aider une petite siphonnée du bocal à arriver à prendre l’air frais.

Je… t’es sûr ? T’es vraiment certain que t’as envie de faire ça ? Maintenant ? Je veux pas que tu te sentes obligé de quoi que ce soit hein… T’es pas mon esclave, et t’es pas mon psy… Je culpabilise en ayant l’impression que tu mets tout entre parenthèses pour t’occuper de moi…

Mais il ne me laisse pas trop le choix, je file dans ma chambre, referme les fenêtres que j’avais ouvertes pour aérer, et enfile rapidement un jean, un t-shirt et un gros gilet. Je ressors de la pièce et cherche mes Doc. Quasiment trois mois que je ne les ai pas mises, tout comme mon manteau… ça me fait bizarre de les enfiler, presque comme si j’avais perdu l’habitude de le faire. Il ferme derrière moi, attrape ma main et commence à descendre l’escalier. Jusque-là ça va, mais c’est la suite qui m’inquiète. Je sais ce qu’il veut faire, et je sais aussi comment ça va finir. Mal. J’aurais une nouvelle crise, je vais finir en larmes, à me détester moi-même. Et j’aurais tout gagné. J’entends ses mots à mon oreille, ses encouragements, qui me font plaisir et qui en même temps m’émeuvent un peu trop. La porte s’ouvre, et une bouffée de vent froid me fouette le visage. Je ferme les yeux une seconde, et tente de reculer, mais je le sens derrière moi. Ses mains se posent sur mes épaules, et sa voix douce recommence à murmurer à mon oreille.

Un pas. Je sens le soleil glacé inonder mon visage, mes pieds sont sur le trottoir. Il n’y a personne à part quelques voitures qui passent de temps en temps. Il est encore tôt, et Londres est à peine en train de se réveiller. J’ouvre les yeux. Tout est comme avant, comme ce que je voyais depuis ma fenêtre, là-haut, dans mon perchoir. Mais il y a trop de choses que je ne peux pas regarder, trop d’endroits où quelqu’un pourrait se cacher et… il me pousse en avant. Doucement. Il me répète qu’il est là, et je le crois. J’ai ce sentiment étrange qu’avec lui, rien ne pourrait m’arriver. Qu’il saurait me protéger. Qu’il ne laisserait personne me faire du mal. Pourtant, on est loin du super héros, et le terme de « secrétaire juridique » n’envoie pas forcément du rêve, mais c’est comme ça. J’arrive pas à me l’expliquer. Je sens qu’il est avec moi, qu’il me surveille. Je fais un pas, puis deux. J’ai dépassé mon immeuble, je suis déjà à celui d’à côté. J’ai l’impression d’être un bébé qui apprend à marcher.
Mon cœur bat toujours comme un fou, mais ça reste contrôlable, et mes mains tremblent à peine. Sauf que je vois où il m’emmène, je vois où il veut me faire passer. La ruelle. Mon agression. Ma respiration se fait plus difficile, comme si une main s’était posée sur ma gorge et empêchait l’oxygène de passer correctement. Mes mains se mettent à trembler, et mon cœur garde un rythme furieux. Ca commence. Je veux reculer, je veux faire demi-tour, rentrer, remonter chez moi et claquer la porte, là où rien ni personne ne pourra me faire du mal. Mais il me bloque. Il m’empêche de tourner les talons, m’empêche de fuir. Il reste juste là, à attendre que ma crise se calme, que mes tremblements cessent, ou au moins diminuent. Après de longues minutes immobiles, je tourne la tête de l’autre côté, et fais un pas. Un autre. Je m’empêche de regarder cet endroit, j’essaie de m’empêcher de me souvenir de ce qui s’est passé… Curieusement, ça va un peu mieux une fois que j’avais dépassé la zone maudite. Je me réapproprie des sensations que j’avais oubliées, l’odeur du pain qui cuit, les fleurs… en même temps que les longs doigts de Jarod se perdent dans mes cheveux bruns. Je suis dehors. Je suis dehors et ça va. Mais on est que tous les deux, peut-être que ça sera différent quand il y aura foule. Le parc est à deux pas, j’en pousse le portail qui grince légèrement, et m’aventure sur l’allée en graviers, avant de m’asseoir sur un banc. Jarod est à côté de moi, sa main se pose sur la mienne et il me sourit, il me félicite. Je lui rends un sourire timide.

Hier encore… je pensais pas revoir ce parc. Revoir l’extérieur un jour. Ou tout du moins, pas avant longtemps. Je sais pas comment te remercier pour tout ce que tu fais. Je comprends pas, pourquoi tout ça. Pourquoi pour moi ? On s’est rencontrés il y a quelques semaines, et tu m’aides, tu te mets en quatre… Pourquoi ?

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MessageSujet: Re: Love or Prison   Mer 26 Fév - 22:02

Nos pas nous menaient vers le parc. Une initiative d'Ashley. Bien. Elle avait la volonté de sortir, ça se voyait. Elle reprit quelques réflexes de la fille qu'elle était avant son agression. Chassez le naturel, il revient au galop. Elle s'assit sur un banc, presque parfaitement à l'aise, comme si elle n'avait jamais été attaquée. Je m'installais près d'elle, à l'instar de deux jeunes adolescents qui après les cours décompressent en s'asseyant dans un lieu rien qu'à eux et qu'ils s'approprient si ce n'est pas le cas.

Je posais ma main sur la sienne avant de lui offrir un doux sourire. Elle pouvait être fier d'elle, de son propre chef avait décidé de se poser dans un lieu public. Timidement, elle répondit à mon "Je suis fier de toi" par une longue tirade... Comment me remercier ? Pourquoi faire ça pour elle ? Pour une amie ? Elle devait souffrir de solitude. Il était exclu que je la laisse seule...

- Tu sais, Honey, tu n'as pas à me remercier, je fais ça parce que tu as besoin d'une aide que je peux t'offrir alors je n'ai pas à réfléchir. Tu es pour moi quelqu'un qui est adorable et que personne n'a cherché à aider alors que tu le mérites... Et aussi parce que d'une certaine façon, je  comprend ta douleur, toi qui n'as pas l'habitude d'être enfermée chez toi, ça s'est vu chez toi... Enfin... Ca ne s'explique pas. Je veux t'aider, je... t'apprécie énormément, donc je ne cherche pas plus loin. Tu vas mal, je t'aide...

Nous restions quelques minutes sur ce banc, côte à côte. Le vent soufflait autour de nous, comme si l'on était les seuls dans tout Londres. Le chant des arbres nous caressait les oreilles, elle revivait l'extérieur, respirait la fraicheur de la liberté, la vie. Moi qui suis plus connu pour la retirer, je la rendais, aujourd'hui. La rendais à quelqu'un qui amplement le méritait...

Les murs de sa prison étaient éclatés à la batte de base ball, au boulet de canon et à d'incessants coups du plus fidèle allié autre que le couteau : Le courage. Pour l'instant, elle était un petit oiseau peinant à voler et à jouir de sa liberté, porté par le vent et ses envies, mais j'avais l'espoir qu'elle prenne un jour son envol jusqu'au zénith. Mais comment -et surtout pourquoi !- est-ce que je pouvais penser de la sorte ? M'occuper de quelqu'un qui ne me comprendrait peut être pas sous prétexte qu'elle en avait besoin ?

Mes pensées se bousculaient les unes derrière les autres, refusant alors de faire parvenir à mon cerveau la moindre réponse... Bientôt, le courageux oisillon estima avoir assez prit la fraîcheur de la liberté en serrant un peu ma main. Ses grands yeux noisette ne me lâchaient pas. Elle se leva, je la suivais. Toujours très proche de moi, elle fit le chemin inverse, allant vers son appartement qui était son chez elle et plus sa cellule dans laquelle personne n'aimerait se trouver. Le chemin du retour fut plus facile que celui de l'aller. Elle avait davantage d'assurance, je constatais d'ailleurs qu'à la fin, je ne la tenais même plus... La porte d'entrée de l'immeuble, les escaliers, d'autres escaliers, puis la porte de l'appartement... Ashley entra la première et je suivis son pas...

- Tu as commencé ta Renaissance, Ashley. Le vent, les arbres, la route, le parc... Tout ça ne te fait pas te sentir vivante ?


Et à voir son visage timidement fier, j'avais ma réponse... La journée passa alors tranquillement. A parler, à regarder quelques séries, à parler à nouveau, bref, deux amis qui passaient une journée agréable ensemble... Les heures s'écoulèrent, jusqu'à ce que le soir montre le bour de son nez. A voir la brune, j'en déduisais qu'elle était fatiguée de cette journée où elle avait fait un grand pas vers sa guérison... Pourtant, je n'avais pas vraiment envie de la laisser une nouvelle fois seule... Et comme si elle et moi n'avions pas besoin de nous parler pour nous comprendre, un sourire en coin, je la regardais.

- N'essaie même pas de me dire de partir ce soir, je veux m'assurer que tu dormes bien, juste histoire d'être sûr que ta nuit ne soit pas troublée...

Je m'étais surpris à "m'inviter" chez elle pour la nuit. Jamais je ne me serais en temps normal permis de modifier la moindre de mes petites habitudes réglées comme du papier à musique où rien ne changeait. Et encore moins je ne voulais dormir avec quelqu'un, de peur de perdre le contrôle dans mon "sommeil" et avoir une envie nocturne soudaine de sang humain quand durant la nuit le commun des mortels prend un verre de lait frais ou un encas...

Avec un pyjama aux couleurs de Batman, elle se glissa sous sa couette, de bonne humeur. Un pyjama Batman... Ca ne m'étonnait même pas venant d'elle d'avoir des vêtements à l'image de héros, souvent tourmentés par un épisode douloureux de leur vie. Là où pour le coup, je m'identifiais au centre propre. Bruce Wayne avait perdu ses parents et est devenu un justicier pour chasser le crime de Gotham City, la ville ou sans conteste on trouve plus de criminels que d'habitants au kilomètre carré... Pour ma part, je suis devenu orphelin, traumatisé, malade, puis le nouveau Ripper ayant pour cible les criminels. Sauf qu'à la différence de Batman, le Ripper tue ses proies par nécessité...

Lentement, je me glissais dans le lit, tout contre elle. Rien de déplacé. Elle allongée, souriante, moi près d'elle, veillant sur ma petite protégée. Un peu comme si j'étais le nounours que tous les enfants normaux possèdent pour les protéger de leurs mauvais rêves d'Ashley. Je me surprenais à servir à autre chose qu'à tuer les assassins, les violeurs et autres ordures rentrant dans mon Code de conduite... Elle s'endormit avec douceur quand je la pris dans mes bras pour la rassurer au mieux.

- Dors bien, Honey, je veille sur toi.

Ma main dans ses cheveux et mes paroles rassurantes et pleines de chaleur murmurées dans son oreille, je guettais son sommeil. L'apaisement. Pour elle. Mais aussi pour moi. Sa présence à elle seule était curieusement relaxante. Mes pulsions se voulaient moins fortes en sa présence, bien qu'à de nombreuses reprises, j'avais failli lui trancher la gorge, la poignarder ou l'étouffer dans son sommeil... Le couteau de boucher était là. Derrière moi. Sous l'oreiller... Doucement je pris l'arme qui jamais ne m'avait déçu avant de la tenir fermement. Pointe levée fièrement... Je n'étais pas en position pour la tuer, non... Je ne voulais pas la tuer, malgré une tentation délicieusement interdite... C'est en entendant sa respiration apaisée que je finis par déposer l'arme sur la table de chevet... Puis je lâchais un chuchotement.

- Tu vas te blesser avec ça...


Les semaines passèrent...


Un nouveau Batman était publié au comic store. Je souriais intérieurement. J'avais ma nouvelle idée pour faire sortir Ashley de chez elle... Entre temps, Honey et moi nous étions vus plusieurs fois, presque tous les jours où j'avais la possibilité d'aller la voir. Après le travail, je faisais mes recherches sur les criminels à éliminer... Puis quelques fois, j'allais voir Ashley armé d'un sac de nourriture chinoise, française ou italienne pour la faire manger quelque chose de préparé par quelqu'un de sérieux... Ah, Ashley... Le jour du procès approche... Et le jour où je préparerai la mise à mort de Fowler aussi...

Devant la porte de chez elle, je frappais trois coups énergiquement, cette fois ci non équipé par de la nourriture dans la mesure où aux alentours de treize heures, il n'y avait que les français pour manger à cette heure là.

- Honey ?

Je répétais mon manège et Ashley m'ouvrit la porte après le troisième cycle. Elle me fit rentrer dans sa demeure où j'étais depuis le premier soir le bienvenu...

- Ash', le nouveau Batman est arrivé au Comic Store ! Tu vois où je veux en venir ? Prépare toi, on y va !


Avec ma bonne humeur, je voulais emporter Ashley avec moi... Elle accepta et alors qu'elle prit son manteau pour sortir, nous étions partis pour le paradis de l'accroc aux romans graphiques...

La promenade fut beaucoup plus facile que la précédente au parc. En marchant calmement à son rythme durant une petite trentaine de minutes, nous étions arrivés à notre destination. Le carillon de la porte retentit et je vis les yeux d'Honey s'allumer...

- C'est mieux que commander ton comic en ligne, tu ne trouves pas ?
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MessageSujet: Re: Love or Prison   Sam 1 Mar - 17:20

J’ai l’impression d’être un enfant qui marche, ou un gamin qui apprend à faire du vélo avec les petites roues. La sensation de réapprendre quelque chose de basique et d’évident. Marcher, sortir, croiser des gens, respirer l’air frais, faire ce que tout le monde fait à longueur de journée, sauf que moi j’ai à tout découvrir, à partir de zéro. C’est dur. Dur de ne pas faire un pas sans m’imaginer qu’un type est planqué, une cagoule sur le visage, prêt à m’attaquer. Dur de ne pas me dire que le type qui s’approche en vélo, les écouteurs sur les oreilles, ne va pas se jeter sur moi.

Je me replie vers le parc désert à cette heure, sans risques, et m’assieds sur un banc, Jarod à côté de moi. Il est clairement ma bouée de sauvetage dans cet exercice périlleux qui est de sortir à nouveau, enfin, périlleux sur moi. Je me suis tellement mise à compter sur lui que je n’imagine même plus ma vie sans lui, sans sa présence dans mon appartement, sans son rire, sans ses attentions envers moi. Il ne manquerait qu’une chose pour que je sois vraiment heureuse, c’est qu’il partage mes sentiments. Plusieurs fois, je me suis imaginée qu’il m’embrassait enfin, le genre de scène de midinette, mais j’ai bien compris le message. Après, même s’il ne m’accorde « que » ça, je suis quand même la fille la plus heureuse du monde, grâce à tout ce qu’il fait pour moi. Je lui souris timidement, un peu émue, quand il m’explique pourquoi il fait tout ça, pourquoi il se met en quatre pour une fille du net qu’il n’avait jamais vue avant. C’est adorable.

Je bredouille un léger « merci », en baissant les yeux, et je pose ma tête contre son épaule, fermant les paupières. J’ai l’impression que le soleil me réchauffe de l’intérieur, et ça fait un bien fou. Je perds la notion du temps, écoutant le bruit du vent et le chant des oiseaux, sentant enfin la vie. Mais un bruit de feuilles me fait me retourner, et je sursaute quand ce bruit s’intensifie. Un clodo dormait dans les buissons juste derrière nous, et se redresse en marmonnant. Il… il était derrière moi, juste derrière moi, et je ne l’ai pas vu, je ne savais pas qu’il… mon cœur se met à battre la chamade, et je sens que mes mains commencent à trembler. Je me relève d’un bond. Ok, la récréation est terminée, il faut que je rentre.

Jarod… j’aimerais rentrer maintenant. S’il te plait.

Je lui prends la main alors qu’on revient vers mon appartement, vers ma sécurité. Je vais plus vite qu’à l’aller, parce qu’à cause de ce clodo, j’ai revu pendant une minute que le monde autour de moi pouvait de nouveau être une menace. C’est idiot, c’est bête, mais mon corps a sonné le signal du repli. Je gravis les escaliers rapidement, et referme enfin la porte de chez moi après que Jarod soit entré à son tour. Je m’adosse contre le bois, reprenant mon souffle. Je me force à sourire et à hocher la tête quand il me dit que cette excursion m’a fait me sentir vivante. C’est vrai, mais je suis aussi passée par la case « beau rush d’adrénaline ». Je ne veux pas l’inquiéter, et pas lui montrer que je suis aussi faible que ça.

On est à peine au milieu de la matinée qu’il me demande ce que je veux faire par la suite. On dirait qu’il n’est pas prêt à me laisser toute seule, et j’adore cette idée. J’enlève mes chaussures, m’installe avec lui sur le canapé, et on lance quelques séries. Pas quelque chose de trop flippant, pour éviter la crise du premier soir, et je crois même qu’à un moment donné je me suis endormie, ma tête sur son épaule. On termine la saison qu’il fait déjà nuit, et je me dévoue pour faire rapidement une volée de pâtes avec une sauce en boîte. On dîne en papotant de tout et de rien, et je me rends compte qu’on est samedi soir, et ça fait plus de 24h qu’on ne s’est pas quittés. Je suis bien. Et juste quand je pensais l’entendre m’annoncer qu’il va partir, il me dit que cette nuit encore, il va partager mon lit. Je vais pas me plaindre ! Je file dans la salle de bains enfiler mon tshirt Batman et un short, avant de me glisser à côté de lui sous la couette. Ca commence presque à en devenir naturel, pour moi qui n’ait jamais passé la nuit avec un garçon, et sentir ses mains sur moi me donne l’impression d’être parcourue par des courants électriques. Il ne s’imagine pas une seconde l’effet qu’il me fait.

Bonne nuit Jarod… merci pour être là, de faire tout ça pour moi…

Et je sombre dans un sommeil lourd et réparateur, sans aucun cauchemar.
Toutes les bonnes choses ont une fin, et quand je me réveille le lendemain il est déjà parti. Normal, j’ai envie de dire, je ne peux pas, et ne veux pas l’obliger à rester à côté de moi h24. Il a sa vie, et je veux qu’il continue à la vivre. Pas qu’il mette tout entre parenthèses pour s’occuper de moi, car je crains plus que tout qu’il ne finisse par m’en vouloir, de l’accaparer autant. Le retour à la réalité est dur, l’appartement me semble tout à coup super vide sans lui. Heureusement, je reçois un message de Mycroft qui me demande de lui récupérer des informations sur un site d’indépendantistes en Urkraine, et j’y passe une bonne partie de l’après-midi.

Pourtant, dès le lendemain, vers les 18h, je reconnais sa façon de toquer à la porte, et il est de nouveau là, un sachet de bouffe italienne divine sous le bras. Et dans les semaines qui suivent, il débarque comme ça deux, trois par semaine, pour partager le dîner avec moi, et le plus souvent, la soirée et la nuit. J’ai l’impression qu’on est un vieux couple complice, enlacés en train de regarder une série ou un film, moi blottie dans ses bras au moment de m’endormir, et lui qui me répète chaque fois qu’il veille sur moi au moment où il éteint la lumière et qu’il dépose un baiser dans mes cheveux. Je l’aime comme une folle et lui ne se l’imagine même pas…

Pourtant, après quelques semaines à ce rythme, il s’invite encore une fois chez moi, mais beaucoup plus tôt que d’habitude.

Entre darling, je suis là !

Evidemment que je suis là, je ne vais nulle part ! Mais bon. Un léger sourire naît sur mes lèvres quand il m’annonce la nouvelle mission qu’il s’est donnée pour me ramener au monde. Cette fois, c’est le magasin de comics. Je ne suis pas super rassurée, me rappelant du coup de stress de la dernière fois, mais j’ai envie de lui faire plaisir.

Ok ok darling, je te suis.

A nouveau mes chaussures au pied pour la première fois depuis trois semaines, de même pour mon manteau, j’attrape mon sac et on se met en route. Comme la dernière fois il attrape ma main et me guide. Les rues sont un peu plus encombrées, et les premières minutes je regarde sans arrêt tout autour de moi, mais Jarod marche d’un pas tranquille et imperturbable. Dans un sens, il déteint sur moi, et je sais qu’il ne permettra pas que quelque chose m’arrive. Je retrouve des rues que j’avais presque oubliées, des magasins dont je ne me rappelais même plus, et c’est un vrai sourire qui éclaire mon visage quand on arrive à destination. Il me laisse passer la première, et trouve encore les mots qu’il faut pour me rassurer. C’est vrai que j’aime cet endroit. Stanley, un rouquin au visage constellé de taches de rousseur, m’interpelle.

- Hey Ash, ça faisait longtemps ! Comment tu vas ?
- Bien Stan ! J’ai eu mes partiels à la fac, énormément de boulot, tu sais ce que c’est…
- Ouais ouais je comprends ! Content de te revoir ici en tout cas ! Au fait, viens-voir, j’ai reçu quelques trucs cool…


Je jette un dernier regard à Jarod, pour lui montrer toute ma gratitude, avant de suivre Stan vers le recoin des nouveautés. Le dernier boulot pour Mycroft a bien payé, et je décide de saluer cette sortie en me faisant plaisir. J’achète au moins une dizaine de comics, deux ou trois goodies, un t-shirt, et j’ajoute discrètement les deux ou trois trucs que Jarod a regardés avec intérêt. Et après une bonne heure de farfouillage, et un montant à trois chiffres, Jarod et moi sortons du magasin, lui portant mes achats.

C’était une super idée ! Ca m’a fait du bien ! J’ai toujours aimé ce magasin… D’ailleurs, j’ai quelque chose pour toi, quand on sera rentrés !

Sur le retour, j’oublie presque tout ce qui s’est passé, les mauvais souvenirs. J’ai chassé tout ça de ma tête, pour ne garder que les bons moments. Le plaisir de se promener, de fouiner, de dépenser de l’argent que j’ai gagné, de faire plaisir à l’homme que j’aime. Je me surprends même à prendre le temps de rentrer, de savourer l’air frais du soir qui tombe. Et, enfin de retour, je lui laisse à peine le temps d’ôter son manteau et ses chaussures et de s’asseoir sur le canapé que je lui tends les quelques paquets qui sont pour lui. Un t-shirt Batman, et un FromHell, à l’effigie du roman qui lui a valu son pseudo. Plus deux ou trois dernières éditions de comics.

Je sais… que c’est pas grand-chose mais je voulais te montrer que ça me touchait beaucoup, tout ce que tu faisais pour moi. Surtout cet après-midi, j’étais… bien. Tranquille, contente. Tout ça grâce à toi et à ta super idée ! Merci Jarod…

Je me penche vers lui et dépose un léger baiser sur sa joue, la peau fine de mes lèvres picotée par son éternelle barbe de quelques jours.



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MessageSujet: Re: Love or Prison   Jeu 6 Mar - 21:24

Les comics. Un moyen efficace de faire sortir de chez lui tout amateur de super héros. J'avais fait mouche. Un milieu dans lequel Ashley se sentait dans son élément, en sécurité, où elle oubliait alors ses tracas, ses soucis et ses peurs pour quelques minutes... La connaissant, c'était plus pour quelques heures qu'elle allait oublier ses tracas, ses soucis et ses peurs... Elle se jeta sur goodies et comics, toute joyeuse. Je n'étais même pas surpris de la voir s'agiter comme une pile électrique, armée d'un sabre laser en plastique d'une main et un Batarang de l'autre. Je souriais en la regardant avoir un sourire large sur le visage, comme celui d'une enfant découvrant pour la première fois l'infinité du monde. Je jetais quelques regards par ci par là à quelques objets intéressants. J'étais heureux d'avoir pu faire sortir Ashley une nouvelle fois. Une heure et demie était passée et elle paya ses achats, me devançant alors que j'allais sortir ma carte. Un montant à trois chiffres qu'elle avait payé avec sa propre carte. Une agoraphobe restée plusieurs mois chez elle sans voir le jour... Ca en devenait louche... Elle me cachait certainement quelque chose. Je devais éviter de m'en faire. Il n'y avait que moi pour réfléchir de la sorte. Une geekette qui a été agressée et étudiante en informatique devait certainement avoir un financement de la part de l'état, ou alors ses parents étaient des patrons de grandes entreprises et envoyaient tous les mois une somme rondelette pour que leur fille ne manque de rien... L'air plaisantin, je parlais à mon amie qui porta son lourd sachet de commissions que je pris immédiatement de ses mains.

- Il fallait me laisser payer la note, Honey, je t'aurai payé tout ça, enfin ! Pour la peine, tu me laisses porter ton sac.
- Ah, Ash', t'es venue avec ton mec ?


Cette reflexion me fit pousser un léger rire. J'affectionnais beaucoup Ashley, mais je ne me voyais pas un jour avec elle à coucher avec elle et à éprouver des sentiments d'amour qu'on lit, qu'on voit ou qu'on entend partout. Déjà, de mon point de vue, c'était impossible. Ensuite, qui voudrait d'un homme qui a besoin de sortir tard le soir pour étriper quelqu'un dans une ruelle sale et malodorante pour se sentir complet ? Certainement pas quelqu'un d'équilibré. Ou alors quelqu'un comme moi... J'affichais un sourire quand Ashley commençait à rougir. Je pris la parole afin de ne pas la mettre dans une situation plus embarassante...

- On peut dire ça comme ça, on se voit très souvent !

Avant d'avoir une réaction de la part d'Ashley je cherchais à expliquer ma réponse à Stanley. Ce jeune homme me connaissait également, d'ailleurs j'avais déjà dû par le passé passer par le Comic Store pour tuer un assassin qui fréquentait souvent cette boutique...

- Je vais très souvent la voir, on mange ensemble et ça nous arrive même de dormir ensemble... Enfin, en tout bien tout honneur. On ne couche peut être pas ensemble, mais on se donne déjà tout, d'où mon explication légèrement approximative...


Après quelques minutes à bavarder avec Stanley, Ashley et moi primes la porte. Elle était heureuse. Je portais son sac contenant une surprise pour moi selon elle. Avec un gentil sourire, je lui répondis.

- Je suis curieux de voir ce que tu as derrière la tête...

Son sourire la rendait plus jolie que ses larmes. Avec elle j'en oublierais presque que je suis le Ripper... Elle était beaucoup pour moi, bien plus que je ne l'imaginais moi même. Sa peine et son chagrin me touchaient légèrement, son bonheur me faisait sourire avec elle. La seule et la première qui depuis vingt ans avait réussi à me procurer cet effet là. La seule. L'unique. Je m'en étais rendu compte la première nuit que j'ai passé près d'elle. Je voulais la venger, lui rendre son innocence. Mais au fond de moi, je savais que c'était impossible de faire machine arrière. Même après avoir tué Fowler, ça ne ramènera pas la joie de vivre que je connaissais chez elle... Elle serait tout de même vengée. Oui. Il le fallait. Comment pourrais-je me regarder dans un miroir si je ne venais pas en aide à une personne qui me prenait pour ce que je ne suis pas et qui me donnait l'impression d'être : Un humain... Bientôt, l'appartement d'Ashley fut proche. Elle monta les escaliers et je suivis son pas. Je découvris mes cadeaux. Des tshirts et des comics... Ca voulait dire beaucoup pour moi. Un cadeau était ce qui rappelait l'affection qu'une personne a pour une autre. Le seul cadeau que j'ai pu obtenir est le Code d'Anne. L'unique cadeau. Celui qui me permettait en l'utilisant de me maintenir en vie... Et de pouvoir peut être jouir un jour d'autres cadeaux. J'avais un large sourire sur le visage.

- Merci Honey... Merci beaucoup ! C'est peut être pas grand chose pour toi, mais penser à faire plaisir est déjà un cadeau en soi. Pour moi, ça veut dire beaucoup... Je suis content que tu aies passé un agréable moment hors de ta tour d'ivoire comme tu disais dans ton mail...

Elle embrassait ma joue avant de me regarder avec presque des étoiles dans les yeux, m'arrachant au passage un nouveau sourire... Il se fit bientôt tard et je décidais de rentrer... La nuit était tombée et je devais aller travailler le lendemain. En prenant mes petites affaires offertes par Honey, j'enfilais mon manteau, prêt à partir.

- C'était une très bonne journée en ta compagnie, Honey, je suis content des progrès que tu as fait. Demain, normalement, ton avocate aura la date du procès en fin de matinée ou dans l'après midi. Je t'appellerai pour te dire la date et je te porterai un courrier postal. En attendant, prend soin de toi ! Good Night, Honey. A demain.

En l'embrassant avec douceur sur la joue, je la prenais dans mes bras, comme pour lui donner du courage de passer une nouvelle nuit seule chez elle. Je sortis de son appartement avant de rentrer chez moi. Les ténèbres. L'obscurité. J'allais directement me coucher, sans la sensation d'être incomplet, bien que je ne comptais plus les jours où je n'ai pas manqué de sang...

Le lendemain, après m'être lavé et habillé, j'allais au cabinet. Thé prit avec les collègues. Kim était là, à prendre quant à elle un café noir, court, serré dont je pouvais déceler une odeur supplémentaire à celle du café... Elle prenait souvent ça pour se "donner du coeur" avant une affaire "comme les comédiens à Broadway", disait-elle... David, toujours à boire son éternel Earl Grey. C'est alors qu'il brisa le silence en s'adressant à Kim.

- Alors, a-t-on une date pour le procès Wyatt contre Fowler ?
- Oui, Mercredi dans trois semaines. Le Juge Heatfield va présider l'audience.
- Que reproche-t-on à Fowler ?
- Agression avec arme et tentative de meurtre avec préméditation.
- Eh bien, Jarod, t'as bien étudié le dossier de cette affaire !
- Je dois te rappeler que c'est le rôle du secrétaire, Kim ?


Sur le ton de la plaisanterie, la journée commençait. Mercredi dans trois semaines, Fowler serait jugé. J'ignorais de quel côté j'étais. Bien entendu, j'étais avec Ashley. Mais en même temps, je voulais que Fowler s'en sorte pour le punir moi même. Prison pour au moins vingt ans ou peine de mort ? Pour lui, il vallait mieux que la justice le condamne... J'arrivais à mon bureau pour checker mes mails avant d'empoigner le téléphone pour appeler Ashley, comme prévu. Répondeur. Certainement qu'elle dormait encore, ou qu'elle était sous la douche. Je lui laissais un message sonore.

- Bonjour, Mademoiselle Wyatt, je suis Jarod Anderson, le secrétaire de Maître Kim Lawliet, je vous appelle pour vous communiquer la date du procès qui vous confronte à Monsieur Fowler qui aura lieu mercredi dans trois semaines. Je vous envoie une lettre où figurent la date et le lieu de l'audience. En cas de question de votre part, vous pouvez contacter Maître Lambda par courriel ou passer un coup de fil au cabinet donc le numéro figure sur les papiers que l'on a déjà dû vous donner. Bonne journée, au revoir !

Après avoir raccroché, je m'étais surpris à faire preuve de professionnalisme avec une personne avec qui j'ai partagé bien plus de choses qu'avec personne depuis vingt ans. Repas, sommeil, temps libre. Mais il vallait mieux éviter de dire ou faire comprendre au cabinet que je fréquentais Ashley... Les heures passèrent et bientôt j'arrivais chez Ashley pour lui donner la fameuse lettre. Je n'avais pas besoin de la faire arriver par facteur si j'allais moi même la voir. Le rituel des trois coups à la porte ponctués d'un "Honey ?" de ma part, le câlin de mon arrivée, nous qui nous sourions. Après quelques heures passées en sa compagnie, je rentrais chez moi, lui laissant au passage la lettre qu'elle aurait dû recevoir deux à trois jours plus tard... Les semaines passèrent, Ashley sortait un peu quand j'étais avec elle... Les jours sans meurtres du Ripper s'accumulaient. Mon envie de tuer commençait cependant à s'intensifier. Tenir un couteau dans la main, poignarder de neuf coups ma victime, la laisser sans vie dans une ruelle... Quelle envie... L'être humain dépendant est d'une faiblesse consternante contre ses vices et ses démons. C'était l'unique chose qui faisait que j'étais moi aussi un être humain. J'en avais les besoins de dépendance...

Le Jour J. Rasé de près, habillé d'une chemise noire, d'un pantalon long de la même couleur et de mes doc martens, je pris ma serviette en cuir avec le dossier de l'affaire. Le grand jour était arrivé. Je voulais qu'il sorte. Je voulais qu'il gagne le procès... Qu'il finisse libre. J'étais avec Ashley mais... Fowler était à moi. A moi seul ! Je montais dans ma voiture avant de me rendre chez Ashley. Elle m'attendait en bas. Elle monta à l'avant et après une embrassade, je commençais à prendre le chemin du tribunal...

- Prête pour le procès, Honey ? Je serai à côté de toi quand tu ne seras pas à la barre, ma fonction l'exige... Et puis comme ça, si tu sens que ça ne va pas, tu pourras me prendre la main et la serrer aussi fort que tu veux ! Tout se passera bien... Il va moisir en prison -Au fond d'une ruelle baignant dans son sang et éventré, pensais-je- !

Je roulais tranquillement dans Londres. Le tribunal était proche. J'entendais ma passagère respirer profondément, comme pour évacuer un profond stress. C'est vrai que les gens peuvent éprouver un malaise lorsqu'ils sont stressés, attendent une décision indépendante de leur volonté... Par chance, je n'éprouvais pas ce genre de gène. L'un des rares bons côtés de mon petit trouble mental... Je passais ma main sur sa joue alors que je me garais de l'autre, à côté du grand batiment dans lequel nous avions tous rendez-vous... J'étais arrivé en avance pour la laisser décompresser avant que la confrontation n'arrive. Je suis trop bon, je le sais...

- Ca va passer, ça va passer... On ira seulement quand tu seras prête à y aller, je ne veux pas que tu fasses un malaise avant de rentrer dans la salle d'audience !


Je tendais une bouteille d'eau fraîche à Ashley. Avec un sourire je constatais que Kim était arrivée. L'avocate avait bu son café boosté à l'irlandaise alors que la plaignante et moi même sortions de mon véhicule.

- Bonjour, Maître Lawliet. Je passais près du domicile de la plaignante, je suis donc passé la chercher.
- Parfait, Jarod, parfait. Par pitié, appelle moi Kim, garde tes "Maître Lawliet" pour l'audience ! Bonjour, Mademoiselle Wyatt.
- Ah, voilà l'accusé...


Mes paroles eurent presque l'effet d'un électrochoc pour Ashley qui tentait tant bien que mal de se calmer. La camionette de la police se gara. Les agents sortirent, ouvrirent la porte retenant le prisonnier. Ma cible. L'homme menotté nous regarda de loin. Je ne le quittais pas du regard. Mes yeux ne le lâchaient pas. Les siens ne me quittaient pas non plus malgré qu'il se dirigeait vers le tribunal. Il monta les escaliers, lentement, escorté par les deux agents. A l'extérieur, j'étais impassible. Kim releva d'ailleurs ce détail...

- Tu n'as pas troqué ton calme légendaire, Jarod, on dirait que tu es déjà dans ton combat...
- Oui, en effet, Kim...


Intérieurement, je jubilais. Mais en même temps, j'étais frustré. Oui. J'avais vu ma cible... Mais il m'a défié du regard. Il n'a pas peur de moi. S'il savait qui j'étais ! Et surtout, ce qu'il attend s'il sort de cet enfer judiciaire... C'est dans l'Enfer du Ripper qu'il tombera. Dans mes longs couteaux, entre mes mains puissantes à la poigne de fer, dans les griffes de la peur, dans les crocs de l'angoisse. Des rires malsains éclataient en moi. Ce regard... Je savais ce qu'il disait. Il disait... "Veux-tu jouer, FromHell ?" Et ma réponse était claire et simple. "Oui, je veux jouer, Fowler..." J'étais aussi frustré. Frustré de ne pouvoir jouer tout de suite avec mon compagnon de jeu... Allez, votre honneur, laissez le sortir ! Je me sentais comme un enfant qui va toquer chez un ami et demander à ses parents s'il peut venir jouer dehors... Sauf que dans mon dos, moi, j'ai un couteau et que les parents sont représentés par un juge... D'une voix claire, je poursuivis ma phrase, une fois sorti de mes pensées joyeusement macabres.

-  Allons-y.

Kim, Ashley et moi même gravions silencieusement les escaliers de pierre qui nous séparaient de la maison de la Justice...

A suivre...
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Love or Prison

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