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 [abandonné] Invitation à diner [PV John]

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MessageSujet: [abandonné] Invitation à diner [PV John]   Jeu 9 Aoû - 18:31

Cela fait maintenant quelques temps que John et Mary se fréquentent, et la jeune femme trouve son amant quelque peu....absent. Il faut dire que Sherlock, qu'elle n'a pas appris à aimer depuis leur première rencontre, leur seule rencontre devrions nous dire, accapare beaucoup le médecin.
Mary a des amis et une vie bien remplie mais comme toutes les femmes ou presque elle estime qu'une compagne devrait passer avant un ami, si proche soit-il. Toutefois elle est trop intelligente pour faire une crise de jalousie, tant parce que ce n'est pas son habitude que parce qu'elle sait que les hommes ont un léger esprit de contradiction et que malgré toutes ses qualités John n'en reste pas moins un homme comme les autres, avec des défauts.

Elle tente donc de profiter au mieux du temps qu'il lui accorde tout en espérant réussir à l'éloigner un peu, et seulement un peu, de son goujat d'ami qui ne lui apporte que des ennuis.

Aussi ce soir a-t-elle décidé de l'inviter à dîner, excellente cuisinière elle a prévu de lui préparer des lasagnes maison et a passé une bonne partie de l'après-midi devant les fourneaux. En dessert elle a prévu une simple tarte aux pommes et à la cannelle et tandis que cette dernière refroidit sur la table de la cuisine elle est montée se faire belle. Rien de trop extravagant, une robe simple qui souligne ses formes sans paraitre trop osée, une touche de brillant à lèvres pour éclairer ses lèvres fines et un coup de brosse sur ses longs cheveux roux qu'elle laisse aller librement. Un petit pendentif discret vient terminer la parure, simple mais mettant en valeur le charme naturel de la jeune bibliothécaire.

Elle est en train de finir de mettre la table quand John sonne à la porte. C'est donc avec un sourire joyeux à l'idée que, cette fois, il n'a pas annulé à la dernière minute, qu'elle va ouvrir.
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MessageSujet: Re: [abandonné] Invitation à diner [PV John]   Sam 11 Aoû - 19:10

John se passa une main dans les cheveux et vérifia rapidement sa tenue avant de presser la sonnette d’entrée. Il n’arrivait pas à croire qu’il était là, à l’heure, et dans un état à peu près présentable. Cela s’était joué de peu, à vrai dire. Une heure plus tôt, lui et Sherlock étaient encore en train d’inspecter un hangar abandonné lorsque leur cible leur était tombée dessus, ce qui aurait pu très mal se passer si l’équipe de Lestrade n’était pas intervenue à temps. En l’occurrence, ils s’en sortaient avec quelques bleus et une légère entaille au niveau de la tempe pour John. Une sombre histoire de trafic d’organes qui n’avait pas vraiment intéressé Sherlock jusqu’au matin même où, pour une raison obscure, le détective semblait avoir eu une révélation et avait traîné John avec lui sans ménagements, en dépit des protestations du docteur qui craignait ne pas être à l’heure à son rendez-vous.

Il avait trépigné tout le long du trajet du retour, surveillant sa montre fréquemment sous le regard agacé de son colocataire qui eut la décence de ne pas faire une seule remarque, et au final, il avait promis au chauffeur de doubler sa commission s’il parvenait à Baker Street en moins de vingt minutes et ce en dépit de la circulation londonienne en heure de pointe. John ne pourrait jamais assez s’étonner des ressources dont les gens savaient faire preuve lorsqu’ils avaient la motivation nécessaire. Dans sa précipitation en sortant du taxi, il avait sûrement donné un peu plus que le double du prix au chauffeur, mais il s’en fichait. Il avait peut-être perdu son job à la clinique mais avec le retour de Sherlock, les affaires avaient repris et dernièrement, leur business marchait plutôt bien, ce qui leur permettait de vivre confortablement en dépit des lubies parfois coûteuses de Sherlock, comme sa manie de snober le métro pour ne circuler qu’en taxi, ou encore les produits chimiques aux noms imprononçables qu’il faisait régulièrement acheter à John.

Le temps de prendre une bonne douche qui n’avait pas été inutile, et d’enfiler sa plus belle chemise, et il était prêt à partir. Son entaille n’était heureusement pas très visible, même si John n’avait pu s’empêcher de grimacer en songeant que ce n’était pas ainsi qu’il allait persuader Mary que son association avec Sherlock ne représentait pas un danger pour sa vie (il avait parfaitement conscience du fait que c’était le cas). Il avait déjà bien assez de mal à la convaincre que Sherlock avait aussi des bons côtés (il ne pouvait pas vraiment la blâmer, Sherlock s’était montré assez hautain avec elle et avait dédaigné son affaire avec un mépris souverain). Et puis au moment de partir, pas moyen de trouver son téléphone. Il avait fouillé partout, remué tous les papiers jonchés sur la table du living-room, soulevé tous les coussins, il n’était nulle-part.
« Sherlock, tu n’aurais pas vu mon téléphone ? » lança-t-il à l’intention du détective, penché sur son microscope pour étudier dieu sait quoi.
Celui-ci, bien entendu, l’ignora. John soupira, comprenant qu’il n’obtiendrait pas son aide, et continua à chercher vainement. Il était sur le point de renoncer et de partir sans – après tout, il n’en avait à priori pas besoin, mais il se faisait un devoir d’être joignable, avec un colocataire aussi casse-cou que Sherlock, il préférait prendre des précautions – lorsqu’il eut l’idée de fouiller la poche de celui-ci, et effectivement, sans grande surprise, il y trouva son téléphone.
« Bon sang, marmonna-t-il, tu pourrais au moins me prévenir quand tu me l’empruntes. »
N’obtenant pas de réaction du détective, il leva les yeux au ciel. S’il ne connaissait pas mieux Sherlock, il aurait parfois pensé que ce dernier était jaloux et faisait tout pour faire capoter ses rendez-vous galants, ce qu’il réussissait généralement à faire avec brio. Mais c’était une idée absurde, l’homme était marié à son travail après tout. Il secoua la tête et agrippa sa veste en lançant :
« Mrs Hudson a laissé un peu de sa tourte, dans le micro-ondes. Essaie de manger un peu. »
Il n’obtint pas plus de réponse, bien entendu, et maugréa « Bonne soirée à toi aussi » entre ses dents en quittant l’appartement. Il était évident que Sherlock n’appréciait pas plus Mary que celle-ci ne l’appréciait – après tout, John était certain qu’elle aurait pu voir ses bons côtés si le détective ne se faisait pas un devoir d’être irritable et désagréable chaque fois qu’il la voyait, peut-être plus encore que pour ses précédentes petites amies, alors qu’elle était de loin la plus patiente. Peut-être parce que justement celle-ci s’accrochait plus que les autres. En dépit du comportement de son colocataire et des nombreuses fois où il avait annulé un rendez-vous pour prêter main forte au brillant mais impossible génie, Mary était toujours là, et John ne l’en aimait que plus ; il admirait sa gentillesse et sa patience, surtout que malgré cela elle ne manquait pas de caractère et n’hésitait jamais à lui dire ce qu’elle pensait. Il fréquentait la jeune femme depuis quelques semaines déjà. Après le faux-suicide de Sherlock, John n’avait plus vraiment trouvé la motivation de sortir et de flirter. Il avait envie d’être seul, et il l’était certainement, en dépit des amis qu’il avait et qui l’entouraient. Ses rendez-vous avec la gent féminine s’étaient donc raréfiés, pour ne pas dire qu’ils s’étaient faits complètement inexistants. Et puis, Sherlock était revenu et ça n’avait pas été au centre de ses préoccupations, jusqu’à ce qu’il rencontre la jolie rousse qui était venue à eux pour une affaire, lui tapant dans l’œil par la même occasion. Et cela se passait plutôt bien entre eux, même si John avait conscience de ne pas être le plus présent des amants, la faute à un colocataire qui l’accaparait sans scrupules. Il fallait dire aussi que John avait tendance à le faire passer avant le reste, même si c’était à peine conscient.

Quelques minutes plus tard, il était devant chez Mary et un rapide coup d’œil à sa montre lui indiqua qu’il était presque ponctuel. Il avait espéré venir avec un bouquet de fleurs en main (on ne l’avait pas surnommé « Three Continents » pour rien), mais le temps lui manquait et il s’était dit que Mary préfèrerait le voir arriver à l’heure, que de recevoir un bouquet qui semblerait sûrement prévu pour se faire pardonner son retard.

Une délicieuse odeur venant de la cuisine ainsi que le visage lumineux de Mary l’accueillit lorsque celle-ci ouvrit la porte avec un sourire auquel il répondit aussitôt sans se forcer.
« Hey. »
Il la parcourut rapidement du regard d'un air appréciateur et se pencha pour lui presser un baiser au coin des lèvres avant d’ajouter :
« Tu es sublime... Et ça sent drôlement bon. »

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MessageSujet: Re: [abandonné] Invitation à diner [PV John]   Dim 12 Aoû - 6:42

"Et toi tu es à l'heure ! Félicitations, le diner se fera attendre un peu donc. Entre"

Elle le précéda dans l'entrée et le laissa ôter son manteau et s'installer dans le salon.

"Tu nous sers l'apéro ? J'en ai pour une minute et je suis à toi'

Elle s'éclipsa pour finir de mettre la table et remettre les lasagnes à réchauffer, elle els avait préparé en avance, un ami napolitain lui ayant expliqué une fois que c'était meilleur réchauffé, et revint peu après s'asseoir à ses cotés sur le canapé. Son sourire faisait rayonner son visage et sa joie de voir son amant n'était pas dissimulée, comme elle aurait peut être du l'être, après tout leur relation était encore jeune. Mais Mary ne pratiquait pas vraiment l'art de la séduction, elle était elle-même, ce qui était souvent bien plus attirant que toutes les moues séductrices de ses amies qui lui répétaient les règles à suivre pour attirer un homme, ne pas le faire fuir et l'amener à tomber amoureux.
De fait pour l'instant toutes ses amies lui expliquaient qu'elle devait absolument éliminer Holmes de la vie de son amant si elle souhaitait aller plus loin avec lui. Mais Mary connaissait John, il avait besoin de sa relation faussée et malsaine avec ce grand échalas étrange. Voila pourquoi elle ne lui en faisait que rarement critique, elle attendait qu'il ouvre les yeux de lui même.
Elle avait connu une relation semblable, une amitié avec une sorte de vampire, il tirait le meilleur d'elle, se l'accaparait, il n'était pas présent pour elle mais elle l'était toujours pour lui, et elle fermait les yeux sur ses défauts, les expliquant par son intelligence hors norme. La vérité c'est que Mitchell était un génie doublé d'un manipulateur. Et il était loin, très loin, du niveau de Holmes. Elle avait perdu tous ses amis à cette époque et avait été incapable, bien sur, de créer une relation amoureuse, Mitchell lui prenait tout son temps. Jusqu'au jour où elle avait ouvert les yeux et avait coupé tout lien avec lui. Elle ne regrettait rien. Elle espérait vaguement qu'un jour John ouvrirait les yeux mais une petite voix en elle savait que cela n'arriverait jamais. Holmes lui offrait l'aventure et le mystère, elle lui offrait tendresse et douceur, les deux se complétaient, mais si la guerre devait avoir lieu elle perdrait avant même que cela n'ait commencé.
Elle chassa ses pensées et souvenirs en prenant son verre et déposa un baiser sur les lèvres de John

"Comment as-tu fait pour être aussi ponctuel dis-moi ? Une journée tranquille à Baker Street ?"

Elle se doutait que non, c'était rarement le cas, et son regard vert pétillait de curiosité, Holmes était un goujat mais les aventures qu'il vivait avec John étaient toujours très intéressantes, quoique souvent dangereuses.

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MessageSujet: Re: [abandonné] Invitation à diner [PV John]   Ven 17 Aoû - 7:16

John ne pouvait nier que la douceur et le charme tout féminin de Mary lui apportaient une certaine fraicheur qu'il appréciait et que quitter l’atmosphère parfois pesante de Baker Street lui faisait du bien. Il n’était pas permis d’en douter, John appréciait sincèrement le sociopathe qui lui servait de colocataire, mais il fallait bien avouer que parfois il était content d’être avec des personnes qui ne mettaient pas de têtes humaines dans les frigos et ne s’attachaient pas à étudier les 240 types de cendres de tabac comme s’il s’agissait de la découverte la plus vitale au monde. Il n’y avait pas que ça, car après tout, John avait appris à vivre avec les bizarreries de Sherlock et même après tous ces mois passés seuls, il avait repris avec une facilité déconcertante ses bonnes vieilles habitudes. Ne pas déranger les expériences de Sherlock dans le frigo ou sur la table, même si cela signifiait manger à côté de cultures de paramécie. Laisser des notes ici et là pour rappeler à Sherlock ce qu’il pouvait toucher ou non, de la même façon que lui trouvait parfois sur sa bouteille de lait un post-it impliquait qu’il en boirait le contenu à ses risques et périls. Dans tous les cas, vérifier à deux reprises ce qu’il mangeait avant de mettre quoique ce soit dans sa bouche. Changer le mot de passe de son ordinateur chaque semaine. Ne pas toucher à la poussière.
Ils avaient leurs rituels. John devait se battre pour imposer les siens, mais il y arrivait, avec beaucoup d’obstination et de volonté. C’était ainsi qu’il avait obtenu la compartimentation du frigo qui leur permettait d’en bénéficier chacun comme ils l’entendaient, même si John grinçait encore parfois des dents en songeant au fait que laisser se côtoyer des membres humains et de la nourriture était tout sauf hygiénique. Non, toutes ces choses signifiaient que Sherlock était de retour dans sa vie, et ce n’était pas quelque chose dont il pouvait se plaindre, jamais. Chaque fois que lui venait l’idée de s’énerver parce qu’il recevait un message du détective lui demandant d’aller chercher de l’eau oxygénée après une longue journée de travail, ou exigeant qu’il le rejoigne alors qu’il se rendait chez Mary, il se rappelait de ces jours où il regardait son téléphone sans y voir aucun nouveau message, et sa colère retombait. Chaque fois qu’il se réveillait au beau milieu de la nuit à la complainte d’un violon maltraité et qu’il avait envie de pester, il se remémorait combien de fois il avait été tiré du sommeil par un cauchemar en criant pour n’être accueilli que par le silence oppressant de l’appartement et le son de sa voix encore vibrant à ses oreilles. Les mélodies de ce violon l’aidaient à présent à s’endormir et il avait parfois l’impression que Sherlock le savait, car les soirs où il faisant les cent pas dans sa chambre sans pouvoir trouver le sommeil, sans faute, il entendait les notes arrachées de force par l’archet manié avec délicatesse, et il s’endormait presque aussitôt.

Mais il arrivait aussi que l’ambiance soit franchement étouffante, ce qui était généralement le cas quand Sherlock boudait – oui, oui, il boudait, ce génie de la trentaine passée boudait, il n’y avait pas d’autres mots pour parler de la façon dont il se drapait dans sa robe de chambre avec un geste exagérément dramatique pour lui tourner le dos et se rouler en boule sur le canapé, soupirant de façon insistante. John aurait presque pu trouver ce spectacle attendrissant si ça ne le faisait pas à chaque fois lever les yeux au ciel avec un soupir d’agacement. Sans parler de ces heures qu’il passait dans son Palais Mental, se fermant complètement au reste du monde.
John n’était pas quelqu’un d’extrêmement bavard mais parfois il avait simplement besoin d’une présence, et dans ces moments là, Sherlock était complètement absent. Ainsi, s’enfuir dans la maison simple mais chaleureuse de Mary représentait souvent une bouffée d’oxygène pour lui.
« Et toi tu es à l'heure ! Félicitations, le diner se fera attendre un peu donc. Entre. »
John esquissa un petit sourire contrit en réalisant que Mary avait misé sur son retard plutôt que sur sa ponctualité – il devait admettre qu’il ne se vendait pas sous son meilleur jour avec tout ça, et que Mary était d’une patience exemplaire. Tout le contraire de Sherlock, vraiment.

Il la suivit dans l’entrée, retirant sa veste, avant de prendre place dans le salon, les verres déjà disposés sur la table basse.
« Tu nous sers l'apéro ? J'en ai pour une minute et je suis à toi. »
Il acquiesça aussitôt tandis qu’elle s’éclipsait avec un radieux sourire. Tandis qu’il s’affairait à remplir leur verres, il réalisa combien il avait eu, pas seulement envie, mais besoin de cette soirée calme et intimiste, surtout après la journée qu’il avait eu. Et il se sentait bien ici, Mary le faisait vraiment se sentir ici comme chez lui, et même si ce n’était en rien comparable à Baker Street, il appréciait vraiment les moments qu’il passait là en sa compagnie.

Mary réapparut quelques minutes plus tard, prenant son verre avant de l’embrasser – ses lèvres avaient un goût presque sucré dont John ne se lassait pas - et il inclina son verre en direction du sien comme pour trinquer.
« Comment as-tu fait pour être aussi ponctuel dis-moi ? Une journée tranquille à Baker Street ? »
John se posait lui aussi la question, mais il n’allait certainement pas dire à Mary que cela s’était joué de peu pour qu’il arrive en retard, pour une fois qu’il était ponctuel, il n’allait certainement pas se retirer le peu de mérite qu’il pouvait avoir. Il savait cependant que la jeune femme écoutait avec toujours beaucoup d'intérêt ses récits, mais il n'avait pas vraiment envie de parler de leur affaire maintenant, surtout que le sujet était trop macabre pour être jugé romantique, mieux valait mettre ça de côté. Il porta le verre à ses lèvres avec un sourire amusé avant de répondre :
« Ah, non. Je crois bien que les journées tranquilles, ça n’existe pas à Baker Street. Pas que je m’en plaigne, mais enfin je dois avouer que je ne suis pas mécontent de me poser un peu. Le blog devra attendre un peu pour cette affaire, pour le moment je suis tout à toi. »
D’accord, dans le genre petit ami, il n’était peut-être pas irréprochable, mais personne n’avait dit qu’il ne savait pas être charmeur pour autant.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: [abandonné] Invitation à diner [PV John]   Jeu 23 Aoû - 9:47

Mary ne retint pas son sourire, tout à elle, voilà qui était assez rare pour qu'elle l'apprécie à sa juste valeur. D'une certaine façon elle était consciente que cette relation était étrange, pouvait sembler bancale vue de l'extérieur et que ses amies lui disaient de partir en courant, qu'elle ne trouverait pas de place dans la vie ou le cœur de cet homme trop occupé avec ses aventures. Mais la vérité c'est que leur histoire tenait bon, certes beaucoup grâce à sa patience, mais aussi parce que, d'une certaine façon, elle sentait qu'elle était essentielle à John, pas comme l'était Holmes, ce n'était même pas comparable, mais elle savait que quand il décommandait ce n'était pas de son fait et qu'il le regrettait, pas seulement parce que c'était un gentleman mais aussi parce qu'il avait autant envie qu'elle de ces soirées calmes et tranquilles qu'ils passaient ensemble. Elle n'était pas sa priorité, elle ne le serait jamais, il faudrait être folle, ou idiote, pour croire pouvoir supplanter Sherlock et tous ses défauts dans le coeur de John, mais elle ne le souhaitait pas, elle aimait aussi cette relation assez libre qui ne l'étouffait pas, lui laissait du temps libre, un peu trop de temps libre parfois mais rien n'est jamais parfait et elle n'était pas de ces femmes qui exigent que leur homme soit disponible pour elle à la seconde où elles pensent à l'appeler. Elle s'adaptait aux horaires et aux aventures de son amant, appréciant plus encore le temps précieux qu'ils s'accordaient. Elle cherchait à le voir le plus souvent possible, mais c'était surtout parce qu'elle savait que sur 3 invitations il devrait en décliner ou en annuler au moins une, elle l'invitait donc bien plus souvent que leur relation encore jeune ne le demandait, parce qu'ainsi elle le voyait juste assez souvent pour que la relation s'épanouisse sans s'étouffer ou s'étioler.

"Tout à moi...Méfie-toi de tes paroles, John, justement, je cherchais quelqu'un pour refaire le papier peint de l'entrée et repeindre le salon et puis il faut changer la disposition des meubles dans la chambre et...."

Elle s'interrompit avec un sourire malicieux tout en ayant l'air de chercher quelles corvées restaient à faire, les yeux levés vers le plafond comme si une liste les y attendait, un tic qu'elle avait quand elle tentait d'énumérer quelque chose. Aujourd'hui encore elle l'avait fait quand un enfant lui avait demandé de lui nommer les 7 nains de Blanche neige, tout le monde les connait, les apprécie, mais les nommer tous les 7 sans en oublier et sans les noter est un exercice plus difficile qu'il n'y parait. Aidée de l'enfant en question qui en avait 3 en tête mais cherchait les autres elle avait su en nommer 5 dont, malheureusement les 3 déjà connus de l'enfant et avait finalement appelé à l'aide les gens présents autour d'elle. Ils avaient donc été 4 en tout à chercher le dernier pendant un long moment, ne se rappelant jamais lequel manquait, sans doute l'avaient ils nommés au début et oublié ensuite, cela arrive souvent, finalement ils avaient retrouvé Prof après de longs palabres. C'est le dernier arrivé un homme charmant et charmeur d'ailleurs au regard d'azur et à la peau mate qui lui avait fait remarquer ce tic, il lui a demandé avec un sourire si elle avait caché ses antisèches au plafond et ils avaient discuté pendant un long moment, même si elle avait pris soin, voyant qu'elle lui plaisait, de placer, très tôt dans al conversation, l'existence d'un homme dans sa vie. Il avait bien tenté de l'inviter à boire un café malgré tout mais elle avait refusé, arguant qu'elle devait se préparer pour sa soirée avec son ami, justement.
Soirée qui s'annonçait sous les meilleurs auspices. Tout en buvant une gorgée elle laissa son regard revenir sur le visage de John, guettant sa réaction.
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MessageSujet: Re: [abandonné] Invitation à diner [PV John]   Ven 31 Aoû - 18:16

John avait conscience, quelque part, que sa relation avec Mary était… étrange. Elle était encore trop récente pour qu’il s’en inquiète vraiment, mais il avait su dès le jour où il avait emménagé avec Sherlock Holmes que de vivre en colocation avec un homme d’à peu près le même âge que lui et qu’il suivait partout pourrait poser problème à sa vie sentimentale. Mais il n’avait alors pas pensé que le véritable problème viendrait plus de leur relation que du peu d’intimité dont il disposait à Baker Street – après tout, il lui suffisait de ne pas y emmener ses conquêtes : il avait fait l’erreur par le passé, il ne la commettrait plus. Sarah et Jeannette s’en souvenaient probablement encore.

Non, le problème venait de lui. Il pouvait bien rejeter la faute sur Sherlock – et il ne s’en privait pas – il savait aussi que c’était à lui de s’interposer, de choisir ses priorités, de remettre Sherlock à sa place. Mais lorsqu’il s’agissait de le mettre face à un choix, Sherlock passait toujours premier. Peut-être parce qu’il n’avait jusqu’alors pas trouvé de femmes assez intéressantes pour supplanter l’excitation et le danger que lui apportait le détective. Le sentiment d’être vivant, d’être utile, d’œuvrer pour quelque chose d’important, et de fondamentalement bien. Et c’était sans oublier l’extraordinaire personnalité du détective, aussi insupportable qu’admirable, et qui ne cessait de l’attirer comme un aimant autant qu’il l’agaçait, ce qui n’était pas peu dire - il était un peu comme le papillon de nuit attiré par la vive lumière d’un lampadaire brillant dans la nuit, mais qui finissait inévitablement par s’y brûler les ailes. Mais Mary était différente et il avait très vite compris qu’avec elle ce ne serait pas qu’un flirt de passage. Elle complétait sa vie, sans s’imposer, ou alors avec beaucoup de douceur. Elle ne faisait pas l’erreur que les autres avant elle avaient faite : celle de tenter de le convaincre que Sherlock était un monstre orgueilleux, narcissique et possessif. Oh, il se doutait qu’elle n’en pensait pas moins, mais justement, elle ne disait rien, elle respectait son avis. Et pour le moment leur relation marchait bien comme ça. Mais John savait aussi qu’un jour viendrait, où cela ne suffirait plus, où elle parlerait peut-être d’emménager ensemble, de passer à l’étape suivante, et John ne saurait pas quoi faire, il se retrouverait face au plus grand dilemme de sa vie, face à cette croisée des chemins où aucune décision ne semblait être la bonne et qu’à force de ne pas faire de choix, la vie déciderait pour lui – mais pourquoi fallait-il que les chemins se séparent en premier lieu ? Si John semblait ressembler en tous points au londonien quasi-quadragénaire lambda, il était bien loin de se conformer au stéréotype qui voulait que son vœu le plus cher soit d’aller fonder une petite famille dans une maison bien jolie avec un portail peint en blanc, un gentil chien, un travail ni gratifiant ni déplaisant, et un bébé en chemin. Au fond, il savait qu’il pouvait bien aller vivre ailleurs, se construire une famille, il reviendrait toujours vers Sherlock, parce qu’il avait besoin de ça, besoin de ce que le détective lui apportait pour continuer à vivre, et il savait que même si Sherlock ne le dirait jamais, il en était sûrement venu à être lui aussi plus ou moins dépendant de son blogueur.

Mary était au fond sa première relation aussi durable. Avant Sherlock, il y avait eu l’Afghanistan. Et bien sûr, là-bas, séduire des femmes avait été la dernière de ses préoccupations. Mais déjà avant ça, lorsqu’il était encore en Angleterre, suivant son entraînement militaire aux côtés de Bill Murray, il n’avait pas gagné son surnom de « Casanova » au loto. Il avait commencé déjà à l’université à se montrer un peu coureur de jupons sur les bords, mais il avait toujours fait passer ses études en premier. Par la suite, l’armée avait pris le relai. Il s’était enrôlé et avait continué à draguer ici et là, mais sans jamais rien construire de sérieux car il savait que tôt ou tard il serait déployé à quelques milliers de kilomètres de Londres pour une durée inconnue. D’une façon ou d’une autre, s’il avait accumulé les petites amies, il avait toujours eu des priorités plus pressantes. Ses études de médecine, l’armée, Sherlock. Sherlock était des trois celui qui l’accaparait le plus, et de loin, John devait bien l’avouer. Encore que l’Afghanistan avait été aussi castratrice, mais d’une façon tellement plus radicale qu’il n’y avait pas grand-chose à en dire en fin de compte. Ce qui était assez ironique, c’était de constater que si entretenir une relation avec quelqu’un tout en vivant avec Sherlock relevait presque de l’impossible, tout ce temps où John avait été seul avant de rencontrer le détective et après l’avoir perdu (ou avoir cru le perdre), il avait été trop détruit pour seulement penser à rencontrer quelqu’un. John se souvenait de son retour d’Afghanistan, ce souvenait des mois où il avait cru Sherlock mort. Et il aurait préféré les oublier. Il n’avait été que l’ombre de lui-même, tout ce temps. Il était un nom sur une carte d’identité. Il était son rapport militaire, son suivi psychologique, une facture de course, une taille de vêtement, un numéro de téléphone. Rien. Il se définissait par rapport à des choses insignifiantes qui rythmaient sa vie, des faits neutres, impersonnels. Des données. John, lui, était mort avec la balle qui avait traversé son épaule en Afghanistan. Il était mort lors de cette chute dans laquelle Sherlock l’avait entraîné du haut de St Barts. Il mourrait une fois de plus s’il devait à nouveau renoncer à tout cela.
« Tout à moi...Méfie-toi de tes paroles, John, justement, je cherchais quelqu'un pour refaire le papier peint de l'entrée et repeindre le salon et puis il faut changer la disposition des meubles dans la chambre et... »
Il revint à la réalité avec la voix chantante de Mary qui souriait malicieusement, un regard rêveur posé sur le plafond, cherchant d’autres corvées à lui imposer, et John se surprit à penser pour la énième fois que la jeune femme était vraiment ravissante et qu’il adorait ce petit côté charmeur qu’elle dégageait probablement sans même en avoir conscience lorsqu’elle réfléchissait ainsi. Il la regarda d’un air amusé et attendri, mais répondit très sincèrement, posant sa main libre sur la sienne :
« Je suis tout à fait sérieux. Tu sais très bien que si tu as besoin de moi, tu n’as qu’à me le dire. Je trouve ton papier peint très bien, mais si tu veux le changer, je suis ton homme ! »
Il but une nouvelle gorgée de son verre avant de le reposer distraitement sur la table basse du salon. Dans un coin de son esprit, John ne put s’empêcher de penser à Sherlock, se demandant ce que faisait le détective en cet instant, espérant qu’il n’ignorerait pas le repas qui l’attendait dans le micro-ondes, même s’il se doutait que les chances que cela arrive étaient plus que minimes. C’était idiot. Sherlock de son côté ne se posait probablement pas la question, et même, se fichait de savoir ce que John faisait (ou alors le devinait assez bien). Il semblait toujours ennuyé ou exaspéré lorsque John lui annonçait qu’il avait un rendez-vous galant, mais chaque fois qu’il revenait, il affichait la même différence, et le plus souvent, entre les deux temps il n’avait pas bougé d’un pouce. Il était arrivé une fois que John revienne en le surprenant à parler à haute voix, et s’adressant à lui, semblait-il. Il avait compris plus tard que Sherlock avait simplement effacé de sa mémoire le fait que John était parti et avait continué à lui parler en son absence. John avait regretté alors qu’il n’y ait plus de caméras dans l’appartement pour savoir ce qu’il avait pu déblatérer tout seul, mais de toute façon la plupart du temps il ne comprenait pas grand-chose aux monologues du détective qui s’exprimait à haute voix plus pour s’aider à réfléchir que pour le bénéfice du docteur...

John chassa ces remarques de son esprit en secouant légèrement la tête. Il ne manquerait plus que Sherlock envahisse ses pensées même en étant absent. Ce soir, il était avec Mary, et ne devait penser qu'à elle. Se tournant un peu plus vers elle pour lui faire face, il concentra son attention sur la jeune femme et ajouta d’une voix calme :
« Et toi alors, ta journée ? »

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MessageSujet: Re: [abandonné] Invitation à diner [PV John]   Dim 9 Sep - 15:44

Un rire léger vint emplir le salon décoré avec goût et reflétant la personnalité de Mary. On y trouvait de tout et en même temps, d'une certaine façon, cela s'assemblait ensemble comme une évidence. Des bibelots ethniques sans grande valeur cotoyaient des livres d'arts, la télé n'était pas loin de la bibliothèque, fort bien remplie au demeurant, trop bien remplir même puisqu'elle était secondée par une seconde bibliothèque qui, elle non plus, ne serait bientôt plus suffisante pour contenir tous les livres que Mary avait lu et aimé au point de souhaiter les garder chez elle.
En temps normal elle empruntait les livres de la bibliothèque, après tout c'eut été dommage de ne pas profiter d'une telle masse d'informations diverses, mais quand un livre la marquait, laissait sur elle une empreinte, elle l'achetait pour le garder chez elle. Aucun n'était neuf pour autant, elle les lisait et les relisait avec plaisir régulièrement.
Les deux bibliothèques étaient encadrées par des reproductions de tableau de Van Gogh, un peintre que Mary appréciait particulièrement, qui savait dépeindre les émotions qu'elle ressentait, ou lui faisait ressentir les émotions qu'il peignait, au choix.
Derrière la télé et la chaine hifi on trouvait par contre des posters de groupes de rock plus ou moins connus et dans ses CD, en grand nombre également on trouvait Vivaldi et les Doors côte à côte, en bonne entente.
De même elle avait de nombreux DVD, des comédies romantiques idiotes, tous les épisodes de Doctor Who mais aussi tout Hitchcock et de grands classiques du cinéma américain.
Elle avait des gouts très éclectiques et ce salon était une pièce très intime où elle n'invitait que peu de gens, un premier pas dans son univers, dans sa vie, dans son esprit.


"Ma journée ? Tu sais, une journée à la bibliothèque. J'ai discuté des nains avec une jeune fille et on a cherché à tous les énumérer, tu savais que c'était incroyablement difficile si on ne note pas au fur à mesure ? Après j'ai regardé sur internet et il y a même eu des études scientifiques là dessus....Il y a des scientifiques qui s'ennuient, certains ont démontré que manger du chewing-gum rendait intelligent. La mastication fait entrer de l'air supplémentaire et oxygène le cerveau...Mais j'ai un doute sur leur théorie, les vaches mastiquent à longueur de temps et ont le cerveau bien oxygéné et je ne crois pas que ça fonctionne sur elles..Et Einstein, entre autre, ne mâchait pas le chewing-gum me semble-t-il....."


Une digression, c'était tout elle ça, quand elle commençait à parler d'un sujet un autre venait immédiatement s'y lier puis un autre et encore un autre et elle pouvait ainsi de fil en aiguille réfléchir pendant des heures à des broutilles. Il faut dire qu'elle avait une mémoire excellente et qu'elle retenait ce genre d'informations inutiles que les autres personnes oublient, les anecdotes, les histoires farfelues ou les résultats de recherches étranges.

"Enfin...Je m'égare, excuse-moi. Bref, rien de bien excitant comme tu vois, le moment le plus mouvementé a sans doute été ma course au self pour avoir la dernière tarte tatin...."

Un rire à nouveau vint ponctuer ce discours un peu décousu, léger et frais il résonna dans l'air un instant avant de s'éteindre, laissant une étincelle de joie dans le regard de la jeune femme.


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MessageSujet: Re: [abandonné] Invitation à diner [PV John]   Mer 19 Sep - 17:10

Si on avait demandé à John ce qu’il recherchait en premier chez une femme, il aurait été bien en peine de répondre. Il y avait pourtant des constantes, des traits – aussi bien physiques que de caractère – que l’on retrouvait dans toutes ses conquêtes. Elles avaient généralement un bon sens de l’humour – il le fallait bien, puisqu’il s’agissait là de l’atout principal du docteur qui avait bien conscience qu’avec ses premiers cheveux gris, ses cicatrices et sa peau tannée en plus de son apparence tout à fait banale, il avait perdu le peu d’atouts physiques qu’il avait pu avoir avant la guerre, dont il était ressorti plus vieilli et fatigué qu’il n’aurait dû l’être avec sa trentaine bien entamée. Elles étaient aussi féminines, et possédaient un certain charme, mais le plus souvent un charme naturel, presque inconscient. Elles étaient de bonne composition, chaleureuses, souriantes et dans la mesure du possible, pas compliquées. John évitait à tout prix les relations trop prises de têtes, d’autant qu’il donnait déjà assez avec Sherlock. Il cherchait quelque chose de simple, mais de sincère. Il se doutait que du point de vue du détective, il s’agissait simplement de répondre à des besoins primitifs qu’un homme en bonne santé de son âge pouvait avoir, mais pour John, même s’il ne niait pas qu'il y avait de ça aussi, cela allait bien au-delà. Il cherchait une compagnie, une chaleur humaine, quelqu’un de normal avec qui discuter de tout et de rien, passer du bon temps. Il ne pouvait s’empêcher également de trouver un certain réconfort dans le fait d’être encore capable de séduire une femme même si avant Mary, la garder avait été une toute autre paire de manches. Et John n’était pourtant pas vraiment le genre d’hommes qui a besoin que l’on caresse son égo, mais la guerre laissait un certain nombre de séquelles.
En somme, John considérait qu’il n’avait pas réellement de type de femmes. Blonde, brune ou rousse ne faisait pas de différence pour lui. Tant qu’ils avaient un minimum d’atomes crochus et que la demoiselle était suffisamment indépendante pour que lui-même conserve une certaine liberté, il n’en demandait pas vraiment plus. Bien sûr, si elle était jolie, c’était un plus non négligeable. Et Mary remplissait largement toutes ces conditions. Si John devait être honnête avec lui-même, il se disait qu’il ne la méritait pas. Avec son sourire, ses yeux clairs et sa bonne humeur, elle aurait probablement pu avoir n’importe quel homme. Et John réalisait pleinement sa chance.

Il ne la quitta pas des yeux lorsqu’elle lui répondit, et son sourire s’élargit peu à peu en l’écoutant.
« Ma journée ? Tu sais, une journée à la bibliothèque. J'ai discuté des nains avec une jeune fille et on a cherché à tous les énumérer, tu savais que c'était incroyablement difficile si on ne note pas au fur à mesure ? Après j'ai regardé sur internet et il y a même eu des études scientifiques là dessus... Il y a des scientifiques qui s'ennuient, certains ont démontré que manger du chewing-gum rendait intelligent. La mastication fait entrer de l'air supplémentaire et oxygène le cerveau... Mais j'ai un doute sur leur théorie, les vaches mastiquent à longueur de temps et ont le cerveau bien oxygéné et je ne crois pas que ça fonctionne sur elles… Et Einstein, entre autre, ne mâchait pas le chewing-gum me semble-t-il… »
John ne perdit pas une miette de ce qu’elle disait, tentant même, mentalement, de retrouver le nom des sept nains, mais s’aperçut très vite que s’il en trouvait quatre ce serait un miracle et renonça après avoir trouvé Simplet, Prof et Grincheux. Les contes de fées, ce n’était pas vraiment son domaine, et s’il se souvenait de ces trois là, c’était uniquement parce qu’il lui était arrivé, enfant, de lire des contes à Harry avant qu’ils n’aillent se coucher lorsque leur mère rentrait trop tard pour s’en charger et que leur baby-sitter préférait téléphoner à son petit ami du moment. Blanche-Neige était l’une des histoires préférées de sa sœur qui lui avait d’ailleurs un jour demandé, alors qu’il refermait le livre : « Pourquoi les princesses se marient toujours avec des princes ? Elles n’ont pas le droit de se marier avec d’autres princesses ? »
A l’époque, le jeune John Watson avait trouvé ça proprement hilarant et Harry avait été obligée de l’attaquer avec son coussin pour qu’il cesse de rire – il était alors encore loin de se douter que cette question était en quelque sorte prophétique.
Mais le domaine de connaissances du médecin était bien plus pratique, moins fantaisiste. Au beau milieu du désert Afghan, connaître la portée d’explosion d’une grenade à main était plus vital que de pouvoir réciter de tête le nom des sept nains et même si à présent il n’avait plus réellement l’utilité de telles informations, il restait un soldat avant tout et savait que certains réflexes ne le quitteraient jamais. Et puis Mary était bibliothécaire, et lorsqu’il s’agissait de livres, elle était plus que compétente et ne manquait jamais une occasion de lui parler avec passion de ses dernières lectures. John l’écoutait toujours avec intérêt et se laissait même parfois convaincre de donner sa chance à tel ou tel auteur. Il n’était pas vraiment un grand lecteur, mais il lui arrivait parfois de se reposer avec un livre en main, plus pour se détendre et se vider l’esprit que réellement apprécier les plaisirs de la lecture - John était un homme du terrain. Si des deux, Sherlock était le génie lorsqu’il s’agissait d’établir des théories et des hypothèses, le cerveau qui guidait et dictait, John, lui, était le corps qui obéissait, un concentré d’instinct et de nerfs qui agissait sous son impulsion. Il savait bien qu’en dépit de tout, on ne se refaisait pas, et John n’essayait pas vraiment non plus, s’acceptant bien tel qu’il était.

Il s’esclaffa légèrement à la fin de sa tirade. C’était du Mary tout craché, cette capacité de passer du coq à l’âne avec un naturel déconcertant. La jeune femme était pleine de ressources et lui apprenait toujours tout un tas d’anecdotes de ce genre, glanées ça et là. Si Sherlock avait été présent, nul doute qu’il lui aurait fallu répliquer sur un ton cassant quelque chose qui aurait expliqué la différence entre le cerveau des vaches et celui des hommes et rendu invalides les remarques de la bibliothécaire, mais John, lui, était simplement amusé par l’imagination débordante de la jeune femme.
« Enfin... Je m'égare, excuse-moi. Bref, rien de bien excitant comme tu vois, le moment le plus mouvementé a sans doute été ma course au self pour avoir la dernière tarte tatin... »
Il haussa un sourcil amusé.
« Dis-moi au moins que tu l’as eue, ne me laisse pas sur un tel suspense ! » lança-t-il avec humour.
Il s’enfonça un peu plus profondément dans le canapé avec un petit soupir d’aise, encore un peu fourbu de son combat un peu plus tôt dans la journée avec sa nuque endolorie et ses quelques bleus. Sa jambe en revanche s’était faite discrète depuis et commençait à peine à se faire à nouveau sentir. En général les effets d’une enquête aussi intense mettaient plusieurs heures avant que la douleur ne reparaisse, mais il savait qu’il le paierait le lendemain au réveil. Pour le moment il était trop content de pouvoir l’ignorer pour se plaindre de son dos tendu.
« Une journée normale, donc, » ajouta-t-il en acquiesçant d’un air un peu absent pendant quelques secondes. « Normale, c’est bien aussi. »
Non, les journées de Mary n’étaient pas vraiment excitantes à côté des aventures qu’il vivait avec Sherlock, mais la comparaison ne tenait de toute façon pas vraiment la route et il aimait toujours l’entendre parler d’elle et de ce qu’elle faisait, ne jugeant jamais ses récits ennuyeux. En vérité, c’était vivre avec Sherlock qui lui apprenait parfois à apprécier la normalité. C’était parce qu’il avait une autre alternative qu’il pouvait considérer celle-ci sans le sentiment de lassitude qu’il aurait ressenti autrement, et il le savait très bien. A petites doses, il appréciait la normalité. Un peu comme on apprend à apprécier la pluie lorsque le soleil s’impose trop longuement. On ne peut pas vivre avec, et on ne peut pas vivre sans. Mais sans soleil, on dépérissait, et lorsque John avait à deux reprises perdu le frisson du danger qui lui permettait de se sentir aussi vivant, il aurait tout aussi bien pu être mort. Il refusait de vivre ça à nouveau.

Il passa une main dans ses cheveux et ajouta en plaisantant :
« Au moins, les risques de se faire agresser par une tarte tatin sont minimes. »

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MessageSujet: Re: [abandonné] Invitation à diner [PV John]   Sam 22 Sep - 13:28

"Je l'ai eue...Et je l'ai cédé à une vieille dame qui la regardait avec envie, mais ne pas prendre de dessert c'est bon pour la ligne"

Mary sourit, elle avait tendance à voir le positif dans tous els domaines et était généreuse de nature, ce n'était pas vraiment une découverte pour John. Peut être même étaient-ce ces qualités plus que toutes les autres qui faisaient d'elles une compagne idéale pour le célibataire endurci. Quelle autre femme aurait su supporter ses absences, les risques qu'il prenait, le comportement ouvertement provocateur de son ami de toujours qui était, sincèrement, le dernier des idiots dans tant de domaines, lui qui se voyait tel un génie.
D'une certaine façon Mary, qui sans être bête ne bénéficiait pas d'une intelligence hors norme complétait fort bien Sherlock, il avait l'intelligence du cerveau, elle avait celle du coeur et peut être que s'ils arrivaient à s'entendre ils pourraient équilibrer la vie de l'homme qu'ils aimaient tous deux, John.


"Il faudra que tu essaye, un jour, une journée normale, toi, moi, un paysage paradisiaque et calme...."

Elle sourit, ce rêve, elle le savait, resterait à l'état de rêve encore quelques temps, sans nul doute s'ils choisissaient une date Sherlock trouverait le moyen d'avoir besoin de l'aide de John et John, elle le savait, ne saurait rien refuser à son ami de toujours. Mais elle aimait malgré tout ce rêve.

"Mais pour commencer allons manger avant que mes lasagnes ne soient brulées"

Elle se leva avec grâce et entraina John vers la cuisine où la table était mise. Elle avait passé la soirée à cuisiner, dès son retour du travail. En effet pour que des lasagnes soient réussies il faut faire cuire la viande, les oignons et les poivrons à part avant de mélanger le tout avec les tomates et de laisser tout cela réduire et cuire à feu doux durant quelques heures, mijotant et embaumant l'air. Pendant que cela mijote l'on peut préparer la béchamel qui demande beaucoup d'attention et un bon timing, car si on la finit avant que la sauce tomate n'ait fini de mijoter on ne peut pas la garder chaude ou la faire attendre. Enfin le plus simple était de disposer une couche de pâte à lasagne, une de sauce tomate, une de gruyère et parmesan râpés, des pâtes à nouveau, de la béchamel avec du parmesan et du gruyère etc etc jusqu'à remplir le plat. Une noix de beurre sur le dessus vous assure que votre gruyère prendra une jolie couleur dorée sans brunir totalement.

Mary sortit les lasagnes du four et apporta une salade verte dont la légèreté saurait accompagner le mélange de saveurs que formaient les lasagnes. Elle servit John et sourit légèrement :

"J'espère que tu aimeras".

Le plat était assez grand et elle semblait en avoir fait pour tout un régiment, elle se servit une part sensiblement plus petite que celle de John et attendit son verdict avant de commencer à manger.
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MessageSujet: Re: [abandonné] Invitation à diner [PV John]   Lun 1 Oct - 11:45

L’une des choses qui le séduisait plus chez Mary, John devait l’avouer, c’était son sourire, aussi charmant que désarmant et que, par chance, elle ne gardait pas pour elle. Au contraire, elle respirait la joie de vivre et la féminité et il était rare de ne pas la voir sourire. Le docteur aimait tout particulièrement ce trait de caractère, peut-être une fois de plus par contraste avec Sherlock qui avait fait de la bouderie une activité à part entière, activité dont il tenait clairement des records de longueur. Il n’aurait pas été surpris qu’il soit également le seul participant. John n’avait jamais vu avant un adulte, la trentaine passée, faire la tête ainsi. Mais après tout, il n’était plus à une exception près avec Sherlock. Il sourit presque inconsciemment en réponse tandis qu’elle lança avec humour :
« Je l'ai eue... Et je l'ai cédé à une vieille dame qui la regardait avec envie, mais ne pas prendre de dessert c'est bon pour la ligne. »
Un sourire un peu plus tendre que le précédent se dessina cette fois sur les lèvres de John, toujours sensible à la grande générosité de la jeune femme qui en faisait la personne la plus altruiste de son entourage, haut la main (et il fallait bien ça pour rester en compétition avec Sherlock Holmes). Elle aurait pu garder rancune d’avoir dû céder son dessert, mais ce n’était même pas le cas, elle prenait les choses avec humour – car clairement, ce n’était pas à cause de sa ligne, parfaite au goût de John, qu’elle avait renoncé à sa tarte tatin.
« Il faudra que tu essaies, un jour, une journée normale, toi, moi, un paysage paradisiaque et le calme... »
John tenta d’imaginer quelques secondes ce que pourrait être une vie normale, une vie avec Mary. Se lever à ses côtés, partir au travail, faire la queue au self, rentrer juste à temps pour profiter de ses bons petits plats et regarder la télé tandis qu’elle lirait le dernier livre venu rejoindre sa collection déjà impressionnante. Il pouvait voir comment, par moments, il trouverait son bonheur dans un tel quotidien et savourerait la compagnie de la jeune femme. Mais il était inutile de nier qu’une grande partie du temps, il serait malheureux comme la pierre. Il ne s’en rendrait peut-être pas compte au début, ou tenterait de l’ignorer, peut-être pour elle plus que pour lui, et puis un jour, il relirait un vieil article de son blog, se rappellerait de la vie qu’il avait mené, se rappellerait combien il s’était senti vivant alors, et réaliserait que cela lui manquait.

Il n’avait jamais été du genre à se poser, il le réalisait à présent. Au début, c’était facile, il était tellement persuadé que Sherlock se lasserait de lui avant que l’inverse ne se produise qu’il s’était dit que les choses viendraient en temps et en heure, mais cela ne semblait pas être le cas et à présent il se disait que s’il voulait s’établir, avec sa quarantaine doucement approchante, il était temps d’y penser. Mais il n’en ressentait ni le désir, ni le besoin. Il était prêt à continuer à vivre ainsi jusqu’à ce que la vieillesse les frappe, et que Sherlock ne décide, en guise de retraite de… que voulait-il faire déjà ? Quelque chose qui avait fait sourire John quand le détective lui en avait parlé. Ah, oui. Quelque chose qui lui ressemblait bien. Elever des abeilles dans le Sussex. Pour le moment, le docteur avait le plus grand mal à imaginer Sherlock vivre ailleurs qu’à Londres, quant à devenir apiculteur… et bien disons que son colocataire n’était pas prêt d’aborder le sujet à nouveau.

Il acquiesça néanmoins, parce qu’une telle image était vendeuse sur le papier, mais aussi et surtout, pour rassurer Mary :
« Je n’y manquerai pas. »
Cela ressemblait un peu à une promesse, mais il n’avait pas encore envie de penser à ce qui arriverait le jour où la bibliothécaire se rendrait compte qu’il n’avait pas l’intention de se poser et de fonder une vie de famille. Il tenait à elle, réellement. N'aurait pas dit non à un week-end en amoureux quelque part, loin de Londres - bien au contraire. Mais la suite logique des choses, elle, n'était pas prête d'arriver. Ce n’était peut-être pas honnête, il aurait peut-être dû tout lui dire, mais après tout, leur relation était encore jeune et elle était déjà restée plus longtemps qu’il n’aurait pu l’espérer. Peut-être qu’avec elle, ce serait réellement différent. Ils avaient encore le temps d'y penser.

Mary se releva soudainement et l’entraîna dans la cuisine et reprenant son verre dans la main, il la suivit aussitôt, autant guidé par sa main que l’odeur délicieuse des lasagnes qui cuisaient au four, à laquelle son estomac réagit avec un petit grognement d’envie, heureusement inaudible. Il réalisa alors qu’il n’avait pas mangé de la journée (voilà ce qui arrivait lorsqu’on vivait avec Sherlock : on adoptait son mode de vie) et qu’il avait tout particulièrement faim.

Il fallait dire aussi qu’en dépit de ses efforts de ne pas se laisser entraîner par les mauvaises habitudes de son colocataire, ses habitudes alimentaires étaient loin d’être très enviables. Lui-même cuisinait très peu, autant par manque de temps que de connaissances dans le domaine (il connaissait ses basiques : œufs, pâtes et pizzas surgelées, pour des choses plus élaborées, il valait mieux repasser), tant et si bien qu’entre les restaurants (là-dessus au moins il n’avait pas à se plaindre), prêts à emporter qu’il ramenait pour lui et Sherlock, et occasionnellement, les haricots qu’il faisait revenir à la poêle, il ne mangeait jamais rien de très sophistiqué et encore moins qui ait eu le goût particulier et incomparable du « fait maison ».

Tant et si bien que le temps qu’il soit bien installé à sa place, il salivait quasiment et que la taille du plat préparé par Mary ne l’impressionna nullement. Il se sentait de taille à manger pour un régiment – encore que lui avait plus intérêt à surveiller un peu ce qu’il mangeait. Heureusement, avec Sherlock, à courir dans les rues de Londres, il ne manquait pas d’exercice physique et ne risquait pas de voir les muscles qu’il avait pu gagner lors de son entraînement militaire se changer en graisse de si tôt, mais il veillait tout de même à son embonpoint. Il était docteur après tout.
« J'espère que tu aimeras. »
Il leva un regard rassurant en direction de la jeune femme qui sortait le plat du four avant d’en découper deux parts avec application, et rétorqua simplement, de sa voix chaleureuse :
« Je n’en doute pas, surtout si le goût est aussi délicieux que l’odeur. »
Pour appuyer ses propos, il découpa une part de lasagnes dans son assiette et la porta à sa bouche, se laissant le temps de la déguster et de l’avaler avant de reprendre la parole, déjà en train de repiquer sa fourchette dans les lasagnes avec enthousiasme :
« Correction : c’est encore meilleur. »

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MessageSujet: Re: [abandonné] Invitation à diner [PV John]   Sam 6 Oct - 11:28

Mary laissa échapper un rire quand John répondit qu'il n'y manquerait pas.

"Ca c'est ta réponse quand tu sais que c'est non mais que tu ne veux pas me le dire."

Elle sourit avec douceur et tendresse au médecin avant d'ajouter :

"Je te parle d'une journée, pas d'une vie entière, tu t'y ennuierai comme un rat mort avant une semaine, nous le savons tous deux. Et je sais aussi que mes chances d'obtenir une journée de vacances avec toi sont très limitées. Mais il est bon parfois d'avoir des rêves inaccessibles. Cela donne un but à poursuivre."


Quand il gouta les lasagnes avant de se jeter littéralement dessus comme un affamé, ce qu'il était sans doute, d'ailleurs, elle sourit et commença elle aussi à manger. Les heures passées à faire la cuisine s'étaient révélées profitables, le plat était, toute modestie mise à part, délicieux, elle devait l'admettre.


"Alors dis-moi, qu'as-tu fait depuis notre dernier rendez-vous ?'

Il remontait à quelques temps déjà mais c'était loin d'être leur "séparation" la plus longue, ils arrivaient malgré tous les obstacles...Enfin malgré l'obstacle principal du meilleur ami jaloux et possessif et de la vie sociale, malgré tout prenante, de Mary, ils arrivaient à se voir assez régulièrement au final. Sans doute pas autant que les convenances l'eussent demandé après une relation de cette durée mais quelle importance, les convenances, de nos jours c'était surfait et la liberté était importante pour Mary tout comme pour John. Elle cherchait quelqu'un avec qui passer des moments agréables, avoir des conversations intelligentes, des moments de tendresse ou des éclats de rire, mais elle ne cherchait pas un futur mari ou un homme avec qui vivre, elle se savait difficile à vivre, ce qui faisait de John un candidat idéal pour la vie commune cela dit, il semblait apte à vivre avec n'importe qui, mais elle savait aussi qu'elle n'avait pas en elle ce désir de vivre avec quelqu'un, elle aimait la solitude de son salon certains soir quand elle était seule avec le dernier livre emprunté. Elle savait ou devinait en tout cas, que John aussi pensait parfois à la vie commune, comme elle pour se dire que c’était inenvisageable, mais ni l'un ni l'autre n'avait eu le courage de dire à l'autre qu'il avait des attentes atypiques pour cette relation, parce que l'un comme l'autre craignait d'aller trop vite, pas assez vite, de faire fuir l'autre ou de perdre cette complicité qu'ils avaient.




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MessageSujet: Re: [abandonné] Invitation à diner [PV John]   Sam 13 Oct - 23:39

« Ça, c'est ta réponse quand tu sais que c'est non mais que tu ne veux pas me le dire. »
John baissa la tête d’un air vaincu en entendant ces mots, un sourire incrédule se dessinant sur ses lèvres. Il avait conscience que son visage était un véritable livre ouvert pour toute personne un tant soit peu psychologue, et il n’avait jamais vraiment su mentir (ce n’était pas comme s’il avait essayé non plus, mentir ne faisait pas vraiment partie de sa personnalité en général plutôt franche), mais en plus de ça, Mary commençait visiblement à bien le connaître et à anticiper ses réactions. Et il était inutile de le nier ou de protester, elle avait parfaitement raison – même si en répondant il avait été sincère, au fond il savait que c’était une réponse qui se voulait rassurante mais qui avait l’avantage de ne pas vraiment l’engager dans quoique ce soit qu’il n’eût pas souhaité. Et pourtant, en y réfléchissant, l’image de cette journée seule avait de quoi le faire rêver lui aussi.
Il esquissa un sourire d’excuse, l’air légèrement penaud, mais ne trouva rien à répondre. Mary reprit avec douceur :
« Je te parle d'une journée, pas d'une vie entière, tu t'y ennuierais comme un rat mort avant une semaine, nous le savons tous deux. Et je sais aussi que mes chances d'obtenir une journée de vacances avec toi sont très limitées. Mais il est bon parfois d'avoir des rêves inaccessibles. Cela donne un but à poursuivre. »
Le plus terrible dans tout cela, c’était qu’elle disait cela sans amertume, et ce n'était pas non plus de la résignation. Elle ne lui en voulait pas, ne lui en tenait pas rigueur. Elle acceptait cet aspect de sa personnalité, ne luttait pas contre, ne tentait pas de le changer. Elle était aussi conciliante que Sherlock était demandant. Et après tout, c’était grâce à son caractère accommodant que leur relation marchait, il le savait. Ce n’était clairement pas grâce à lui, et ce n’était pourtant pas faute de faire des efforts.
Mais John ne supportait pas l’idée que leur relation n’aille que dans un sens, surtout que ce n’était pas vraiment en sa faveur, et qu’il avait l’impression de profiter d’elle, à l’écouter parler de rêves inaccessibles pourtant si modestes et faciles à atteindre. Une journée entre amoureux n’aurait pas dû être une chose exceptionnelle et quasi-impossible, cela aurait dû être leur normalité. C’était celle de tout couple. Mais la vie de John pouvait difficilement se définir par rapport à une quelconque normalité, et les choses lui convenaient ainsi. Ce n’était cependant en aucun cas un prétexte pour décliner toute responsabilité dans son couple. Il était heureux d’avoir Mary dans sa vie et ne souhaitait pas qu’elle en sorte, et pour cela, c’était son devoir de savoir la retenir, de tout faire pour la convaincre de rester avant qu’elle ne se lasse de ce petit jeu de cache-cache auquel ils se livraient tous deux.

Il prit donc une décision.
« D’accord. Choisis un week-end, n’importe lequel. Et je le bloque pour toi. Deux journées entières. Pas d’enquêtes, pas de courses-poursuite, pas de Sherlock, rien pour me retenir. Juste toi et moi. On fera absolument ce que tu veux. Je m’y engage. »
John ne faisait pas de promesses à la légère. Lorsqu’il disait quelque chose, il s’y tenait. Il aurait fallu une question de vie ou de mort, rien de moins, pour qu’il ne tienne pas parole. Nul doute que Sherlock trouverait des milliers de prétextes plus ou moins improbables, et John le savait capable d’invoquer une urgence juste pour le dissuader de partir, mais il connaissait le détective et il ne tomberait pas dans le panneau, cette fois décida-t-il, il serait ferme. Il l’en avertirait dès que possible afin que les choses soient claires. Juste deux jours, c’était faisable non ? C’était sa vie après tout et même si cela ne lui aurait certainement pas déplu, Sherlock n’avait pas encore de droit de regard sur celle-ci. Si John lui-même semblait l’oublier si souvent, c’était bien sûr que cela l’arrangeait de faire comme si Sherlock avait le contrôle de sa vie (et puis pour être tout à fait honnête, c’était un peu le cas), mais il était bon qu’il se rappelle parfois qu’il était un être libre et indépendant.

Changeant de sujet sûrement pour ne pas lui donner l’impression de se lamenter, Mary demanda avec curiosité :
« Alors dis-moi, qu'as-tu fait depuis notre dernier rendez-vous ? »
Tout en piquant distraitement dans son assiette (bien que mangeant de bon cœur, et c’était assez évident à en juger la rapidité presque alarmante avec laquelle le contenu en disparaissait), John haussa les épaules et répondit calmement :
« Oh, la routine, tu sais. Attraper des criminels, sauver des vies, arriver en retard au travail, poser des lapins involontaires à sa compagne… »
Son ton conservait une certaine légèreté, mais il n’était pas difficile de percevoir la note apologétique qui se cachait derrière les derniers mots tandis qu’il réalisait avec stupeur que leur dernière entrevue remontait à déjà bien plus d’une semaine, presque deux. Il faisait généralement un effort pour qu’ils se voient au moins une fois par semaine, mais le temps passait tellement vite, et entre Sherlock et son travail, il n’était pas rare qu’il oublie complètement de se tenir à ce principe, et qu’à la fin de la journée il ne puisse faire rien d’autre que tomber dans son lit avec un soupir de gratitude. Il compensait en l’appelant un peu plus souvent, mais sans avoir à se voir tous les jours, il savait qu’il aurait été plus raisonnable de la voir un peu plus régulièrement. Ce n’était pas comme s’ils vivaient éloignés l’un de l’autre, ou comme s’ils en étaient encore à flirter l’un avec l’autre : leur relation était établie. Mais, après tout, ils n’étaient plus vraiment à une bizarrerie près et tant que ni l’un ni l’autre ne s’en plaignait, quelle raison aurait-il pu avoir de vouloir faire les choses autrement ?

Après un court instant d'hésitation, il ajouta, en la regardant dans les yeux, mentionnant leur rencontre :
« Je ne te le dis peut-être pas assez, mais je suis vraiment content que tu aies sonné à notre porte ce jour-là. »

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MessageSujet: Re: [abandonné] Invitation à diner [PV John]   Dim 14 Oct - 9:51

Mary sourit légèrement quand John lui fit cette promesse.

"Un week end entier... J'ai un ami qui a une petite maison en Irlande, dans un endroit tranquille non loin de la Réserve Naturelle de Murlough. Depuis le temps qu'il me dit qu'il ne l'utilise jamais et que je devrais en profiter un jour pour venir m'y reposer. Ca te tenterait ? De l'air frais, des promenades, du calme et du silence. Enfin...pas si tu y vas avec moi, du silence sur fond de pipelette quoi...."

Nouveau rire de la jeune femme, du silence sur fond de pipelette cela changerait du violon de Sherlock dont John se plaignait parfois avec le sourire résigné de celui qui sait très bien que si Sherlock venait à cesser le violon il serait le premier à le regretter. Le sourire de celui qui sait que ce qu'il n'apprécie pas est peut être, précisément ce qui lui est le plus indispensable d'une certaine façon. Parce que ce violon était une marque de fabrique de son ami, tout comme sa volonté de faire échouer ses tentatives pour avoir une vie normale et une petite amie. Mais, au grand dam de Sherlock sans doute, Mary tenait le coup, sans avoir cette impression là d'ailleurs, cette relation lui plaisait telle qu'elle était, elle n'avait pas envie d'être plus exigeante avec son amant. Peut être cela viendrait-il, un jour, qui sait.

Quand il s'excusa, à demi-mots, de n'être pas plus présent elle sourit et le regarda dans les yeux :


"Cela fait partie de toi..Et de ton charme. Ça me donne des raisons de me plaindre de toi et donc des discussions avec mon père et mes amies pendant des heures à te casser du sucre sur le dos"


Son regard se fit taquin et elle reprit :


"Un peu comme tu aimes à te plaindre de Holmes parfois, mais c'est justement les raisons pour lesquelles tu t'en plains qui te le rendent si attachant. Imagine s'il devenait aimable, tu n'aurais plus de raisons de pester contre lui"


Oui enfin...Il en resterait un bon paquet à dire vrai mais l'image devrait être assez parlante et faire la liste des défauts de Holmes serait bien trop long pour une seule soirée. Et Mary était bien persuadée qu'il avait aussi de nombreuses qualités et elle savait à quel point John était attaché à lui, elle se gardait bien de le critiquer, pas tant pour préserver John que parce qu'elle ne le connaissait pas assez pour se le permettre. Certes il lui avait fait mauvaise impression quand elle était venue lui parler de sa mère, certes depuis il la battait froid les rares fois où ils se voyaient...Mais Mary lui volait, quelques heures par mois, son meilleur ami et acolyte....Il était logique qu'il ne l’apprécie pas, si tant est qu'il sache apprécier une autre personne que John. Car même s'il le cachait avec grand soin Mary savait, sentait confusément que Sherlock était autant lié à John que l'inverse, peut être même plus car John avait un semblant de vie en dehors de sa colocation, contrairement à Holmes qui était très solitaire.

L'aveu de John la toucha plus qu'elle n'aurait cru, peut être parce qu'il mettait rarement des mots sur leur relation, même si elle savait ce qu'il ressentait. Elle posa sa main sur celle de John :


"Je n'ai pas besoin que tu le dises, tu le montres plus que tu ne crois".

John n'était pas le petit ami idéal selon les magazines et les livres, sans doute que si l'on suivait leurs échelles il était l'un des pires, mais quand il était avec elle il n'était qu'avec elle, il ne ramenait pas de soucis du boulot, pas de rancoeurs diverses et les instants qu'ils partageaient, pour rares qu'ils étaient, n'en étaient pas moins privilégiés et merveilleux. Elle voyait tant de ses amies s'enfermer dans une relation semblant paradisiaque mais où le quotidien rognait sur le plaisir peu à peu, elle ne voulait pas cela pour sa relation avec John, elle ne voulait pas cela pour sa vie, elle voulait apprécier ce qu'elle avait et ne pas s'en contenter comme tant d'autres le faisaient.
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MessageSujet: Re: [abandonné] Invitation à diner [PV John]   Mer 24 Oct - 2:26

En voyant le visage de Mary s’illuminer à ses propos, il s’en voulut de ne pas avoir pensé plus tôt à lui proposer un week-end en amoureux. La jeune femme avait un sourire ravissant et il aurait dû vouloir tout faire pour qu’il ne quitte jamais ses lèvres, mais bien évidemment, il avait toujours été trop occupé à chasser des criminels pour se concentrer à cette tâche, plus humble et pourtant pas moins essentielle, à une toute autre échelle. Elle méritait d’être heureuse. Et ce n’était pas comme s’il en fallait beaucoup pour cela, car elle n’était pas vraiment exigeante. Il se promit une fois de plus de faire des efforts dans le domaine mais cette promesse là resta entre lui et lui : une chose à la fois, inutile de donner de l’espoir à la jeune femme si c’était pour mieux le lui voler. Il se connaissait suffisamment bien pour savoir que s’il souhaitait de tout cœur être le meilleur compagnon possible pour elle en cet instant, il n’en faudrait pas beaucoup plus qu’un peu de distance et l’adrénaline d’une nouvelle enquête pour que tout s’envole en fumée le temps que celle-ci durerait, avant qu’il ne culpabilise et se promette d’être plus présent par la suite pour ce qui ne serait ni la première ni la dernière fois. Ce week-end en tête à tête, c’était quelque chose qu’il pouvait faire, qu’il avait l’intention de faire et c’était pourquoi il en avait fait la proposition à Mary. Il n’y avait rien de plus cruel que les illusions et il tâchait d’être honnête avec elle, qu’elle sache exactement ce qu’elle pouvait attendre de lui ou non, et si parfois il pouvait la surprendre agréablement, et bien, tant mieux.
« Un week-end entier... J'ai un ami qui a une petite maison en Irlande, dans un endroit tranquille non loin de la Réserve Naturelle de Murlough. Depuis le temps qu'il me dit qu'il ne l'utilise jamais et que je devrais en profiter un jour pour venir m'y reposer. Ça te tenterait ? De l'air frais, des promenades, du calme et du silence. Enfin... pas si tu y vas avec moi, du silence sur fond de pipelette quoi... »
Elle ponctua sa réponse d’un nouveau rire – et ce n’était pas exagéré de dire que dès leur première rencontre, John était tombé sous le charme de ce rire et s’était dit que c’était parce qu’il voulait l’entendre plus souvent qu’il devait tenter de flirter avec la jeune femme. Il ne s’était honnêtement pas attendu à ce que cela fonctionne : elle était ravissante, plus jeune que lui, drôle, intelligente, excellente cuisinière, parmi tout un tas d’autres qualités qui lui auraient sans doute permis d’avoir n’importe qui dans sa vie. Ce qui était plutôt flatteur pour lui, mais totalement inespéré.

Il réfléchit quelques secondes à sa proposition, même si sa décision était déjà prise. Excepté lorsqu’il était parti pour l’Afghanistan, il n’avait jamais quitté l’Angleterre. L’Irlande du nord, ça restait le Royaume-Uni, mais il était certain que ses décors et ses réserves naturelles auraient de quoi le dépayser largement et le changer de l’air londonien. Dans un registre encore différent, il avait apprécié sa visite au Dartmoor, dans le Devon, même si lui et Sherlock ne s’y étaient pas vraiment rendus pour en apprécier les landes rocheuses et ses pleines sauvages. Probable qu’en tant que simple touriste il finirait toujours par se languir de la capitale qui vivait à 200 à l’heure, mais pour autant, il ne pouvait qu’apprécier quelques escapades occasionnelles, d’autant qu’en Afghanistan, la situation ne s’était pas vraiment prêtée aux randonnées, et excepté un horizon infini de sable et de poussière, il n’en avait pas gardé grand souvenir.
« Oui, ça me plairait beaucoup », répondit-il enfin en acquiesçant. « Ce serait parfait. De toute façon tu dois savoir que je n’aime pas quand c’est trop silencieux, » ajouta-t-il avec un petit rire.
Pourtant, John appréciait la tranquillité et c’était quelqu’un de relativement calme, qui appréciait les soirées pantouflardes, mais ce n’était pas une chose à laquelle il était très habitué et trop de calme et de silence pouvait le rendre nerveux, même s’il le cachait bien. Il appréciait donc le côté bavard de la jeune femme, même si l’étant moins qu’elle, elle devait parfois faire la conversation pour deux.
« Cela fait partie de toi. Et de ton charme. Ça me donne des raisons de me plaindre de toi et donc des discussions avec mon père et mes amies pendant des heures à te casser du sucre sur le dos. Un peu comme tu aimes à te plaindre de Holmes parfois, mais c'est justement les raisons pour lesquelles tu t'en plains qui te le rendent si attachant. Imagine s'il devenait aimable, tu n'aurais plus de raisons de pester contre lui. »
Le docteur s’esclaffa légèrement à cette dernière remarque. Mary le connaissait décidément bien, et il voyait en quoi l’analogie entre leurs deux situations était pertinente. Mais il était aussi probable qu’il n’y avait pas besoin de passer beaucoup de temps en sa compagnie pour l’entendre râler et se plaindre de Sherlock d’une façon qui en disait bien plus sur l’affection qu’il lui vouait que tous les compliments du monde. Il comprenait donc assez bien où elle voulait en venir.
Sauf qu’il ne pouvait pas imaginer Sherlock aimable. Du moins, pas avec tout le monde, car quant à lui, il n’avait pas vraiment à se plaindre. Le détective ne l’insultait pas à moitié autant que Lestrade ou Donovan (Anderson était hors-catégories) et le docteur, n’étant pas très sensible à ses piques, s’en offusquait rarement. Il savait de toute façon que Sherlock n’avait pas vraiment conscience de la portée vexante de ses propos. Il ne faisait qu’énoncer ce qui pour lui étaient des faits. Et pour être honnête, la franchise du détective avait quelque chose de rafraichissant, même s’il ne perdait pas l’espoir de lui inculquer quelques manières. Il n’allait cependant pas expliquer à Mary pourquoi Sherlock n’avait selon lui pas un mauvais fond, il savait que de toute manière même s’il parvenait à l’en persuader (ce que de toute façon il n’avait pas vraiment d’intérêt à faire), Sherlock s’attèlerait à ruiner tous ses efforts dès leur prochaine rencontre – même si John faisait de son mieux pour les tenir éloignés l’un de l’autre – et Mary serait plus dubitative encore qu’auparavant. Et puis, Sherlock ne serait plus Sherlock sans ses répliques sarcastiques et son habituel mépris souverain pour tous ceux qui n’avaient pas son cerveau (soit 99,9% de la population). Elle avait raison : au fond il aimait se plaindre de lui.

Il releva les yeux en sentant la main douce de la jeune femme se poser sur la sienne juste au moment où il terminait son assiette. Il glissa son pouce sur sa peau en de petits mouvements circulaires apaisants de façon presque inconsciente tandis qu’elle ajoutait :
« Je n'ai pas besoin que tu le dises, tu le montres plus que tu ne crois. »
Il fut agréablement surpris en entendant ces mots. Il était pour une fois content d’être aussi expressif malgré lui, car si elle pouvait deviner ce genre de choses alors que lui-même avait le sentiment de ne pas le lui faire comprendre assez, c’était au moins la preuve qu’il était sincère dans ses sentiments, et pour une fois, cela jouait en sa faveur.
« Tant mieux », répondit-il avec calme et sérieux avant d’ajouter avec plus de légèreté : « J’espère que tu parles aussi de cela à ton père et tes amies, je ne voudrais pas qu’ils viennent sonner à ma porte réclamer des comptes… »

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MessageSujet: Re: [abandonné] Invitation à diner [PV John]   Sam 17 Nov - 20:23

Mary laissa échapper un léger rire :

"Non...Mais je leur ai parlé de Sherlock donc...Je doute qu'ils viennent sonner à ta porte, sauf question de vie ou de mort....Et encore...J'ai peut être noirci un peu le tableau"

dit-elle, prenant un air penaud qui sonnait faux, le regard pétillant de malice et d'un sourire contenu. De toute façon elle était heureuse dans cette relation, son père, ses amis, tous les gens autour d'elle, même des inconnus parfois, le disaient, elle rayonnait de bonheur, bon, certes c'était dans sa nature, en couple ou célibataire elle appréciait chaque instant de la vie quotidienne sans se poser trop de questions sur l'avenir, le passé ou le reste. Déguster un chocolat chaud ou se promener dans un parc étaient, pour elles, des moments privilégiés d'émerveillement, quand bien même elle faisait cela souvent. Elle souriait donc quand il faisait beau, parce qu'elle pourrait sortir se promener et elle souriait aussi quand il faisait moche parce que c'était le temps idéal pour se blottir sous un plaid avec un bon livre et un thé brulant, voire pour lire dans un immense bain moussant à la lueur de quelques bougies parfumées. Bref elle tirait le meilleur parti de tout ce qui se présentait et appréciait pleinement cet état de fait, ayant parfois du mal à comprendre que certains puissent faire autrement. En cela John et elle s'étaient bien trouvés, s'il pestait sans cesse c'était toujours très superficiel, au fond il ressemblait à Mary, sans doute était-ce pour cela qu'il pouvait supporter Sherlock. D'ailleurs Mary ne doutait pas que si Sherlock n'avait pas sans cesse dans l'idée de la pousser loin de lui ils auraient pu s'entendre, en fait. Elle n'était pas susceptible, ce qui pour discuter avec Holmes était une qualité essentielle il faut l'avouer, elle n'était pas totalement idiote, quoiqu'elle soit loin d'égaler l'intelligence d'Holmes, elle avait assez de culture pour soutenir une conversation avec lui....si seulement il avait dans l'idée de songer à peut être lui laisser un semblant de début de place dans al vie de John. Car là était leur principal sujet de discorde, Holmes et elle aimaient, d'une façon différente mais avec la même intensité, le même homme. Et si elle n'était ni possessive ni jalouse, ce n'était pas le cas de Sherlock.
voyant que John avait fini de manger elle lui proposa de le resservir, précisant qu'en dessert il y avait une simple salade de fruits.


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MessageSujet: Re: [abandonné] Invitation à diner [PV John]   Ven 25 Jan - 0:38

En entendant la réponse de Mary, John haussa un sourcil amusé, pas crédule pour un sou.
« Un peu ? »
Il eut un sourire franc en secouant légèrement la tête. Il n'avait pas besoin de s'être trouvé à l'autre bout du fil pour imaginer quels genres d'horreurs elle avait pu énoncer pour refaire le portrait de son ami et colocataire. Mais malgré cela, il savait également qu'il n'y avait pas de malice dans ses paroles. Ce n'était pas comme si Sherlock ne faisait pas de son mieux pour s'assurer qu'elle n'aie pas d'autres choix que celui de le détester, après tout. Il pouvait difficilement la blâmer plus qu'il ne blâmait le détective. La différence, c'était que Mary avait suffisamment de maturité pour deux, tandis que Sherlock... et bien disons qu'il avait encore beaucoup à apprendre dans le domaine. Il avait déjà tenté de lui en parler, mais Sherlock avait toujours trouvé un bon prétexte pour faire le sourd, et lorsqu'il tentait d'aborder le sujet, le détective semblait toujours très occupé dans son Palais Mental, qu'ils soient couramment sur une affaire ou non. La seule fois où il avait réussi à décrocher son attention suffisamment longtemps pour lui demander de se comporter de façon plus aimable avec celle qu'il lui rappela être sa petite amie, tout ce qu'il avait pu obtenir de Sherlock c'était une réponse qui lui suggérait clairement de la tenir éloignée du 221b si réellement il souhait la "préserver". John avait fini par hausser les épaules et tourner les talons. Ce n'était pas que cette bataille lui tenait à cœur : la rivalité entre la compagne et les amis d'un homme était vieille comme le monde, et cela ne l'avait jamais empêché de tourner. Mais pour le bien de tous, il aurait préféré que tout se passe pour le mieux. Ce que chacun devait savoir, c'était que l'antipathie de Sherlock envers Mary ne le dissuaderait pas de la fréquenter, et vice versa.
Si cela avait été son genre, il aurait pu tenter de jouer la carte du chantage émotionnel : "en tant qu'ami, tu devrais tout faire pour que je sois heureux", ou quelque chose d'aussi stupide. Mais cela ne l'était pas, et si c'avait été le cas, il doutait grandement que cela aurait changé grand-chose. Sherlock n'était pas quelqu'un d'ordinaire. Et John ne lui demandait pas de l'être.

Mais il avait parfois l'impression d'être un véritable vaisseau pour Sherlock, au sens où presque toutes ses relations passaient par John. John était là pour canaliser la mauvaise humeur du détective et s'assurer qu'à la fin de la journée les envies de meurtres à son encontre ne s'étaient pas multipliées d'autant de sarcasmes qu'il n'avait pas su retenir. Ce qui lui échappait encore, c'était la raison pour laquelle Sherlock acceptait sa propre médiocrité. Ce n'était pas qu'il le considérât comme son égal ; il ne manquait jamais une occasion de lui rappeler sa supériorité intellectuelle, mais jamais de façon aussi glaçante et désagréable qu'avec les autres. Il avait même parfois l'impression qu'il le faisait dans l'unique but d'obtenir des compliments de la part du docteur (il avait dit lui-même qu'un génie avait besoin d'une audience, après tout). Mais il tolérait, acceptait, sa présence et parfois il lui semblait même qu'il l'appréciait sincèrement et la recherchait. Pourquoi lui plutôt qu'un autre, c'était une réponse qui le dépassait. Mais John n'était pas du genre à se questionner longuement sur le pourquoi du comment lorsque les choses tournaient enfin à sa faveur.
« Je sais que je te le répète bien assez, mais tu devrais vraiment lui laisser une chance, ajouta-t-il au bout d'un moment de silence. Il n'est pas toujours comme ça, tu sais. »
Il n'avait cependant pas envie de gâcher la soirée en lui faisant une énième fois l'apologie de Sherlock, il savait que c'était vain et comprenait que parler de ce qui s'apparentait le plus à un rival - aussi absurde cette idée fut-elle - à Mary tenait franchement du manque de respect. Il n'insista donc pas et acquiesça avec enthousiasme lorsque la jeune femme lui proposa de le resservir, et il lui tendit son assiette tandis qu'elle découpait une nouvelle part de lasagnes. La remerciant d'un sourire, il s'attela à vider son assiette une seconde fois, pas mécontent cependant d'apprendre que le dessert ne consistait pas en une quelconque pâtisserie aussi délicieuse que bourrative qu'il n'aurait pas eu le cœur à refuser tout en sachant cependant que s'il lui fallait courir pour sa vie dans les heures suivantes, il ne donnerait pas cher de sa peau.
« Ne t'en fais pas, c'est parfait. Je n'avais pas mangé aussi bien depuis... longtemps. »
Ce n'était pas qu'il mangeait mal, avec Sherlock. Au contraire, lors de leurs enquêtes, entre deux pistes, ce dernier le traînait fréquemment dans des restaurants pour s'assurer que le docteur mangeait (son appétit souvent rendu plus vorace encore, du fait qu'ils dépensaient une énergie considérable à courir dans les rues de Londres), tandis que lui-même jeûnait impunément. Hors de ces affaires, il fallait bien dire qu'ils mangeaient plus simplement. John n'était pas un grand cuisiner et se contentait de repas très basiques. Le plus souvent c'était encore les pâtisseries de Mrs Hudson ou les plats à emporter qu'ils mangeaient en regardant la télé qui remplissaient son estomac. Mais un vrai, bon repas, fait maison, il devait bien reconnaître que c'était une chose rare, et Mary était une cuisinière hors pair. Comme avec tout ce dans quoi elle se lançait, elle le faisait avec amour et application, et rendait inoubliables les plats les plus modestes.

Quand il reposa enfin sa fourchette, repoussant légèrement du plat de la main de son assiette, dans la douce chaleur de la maison et face à une Mary souriante, les petits tracas de sa journée lui semblèrent bien loin, et il songea qu'en cet instant il n'aurait échangé sa place pour rien au monde.

« Toutes mes félicitations à ma cuisinière préférée. »

Spoiler:
 

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