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 On ne réveille pas le dragon! (PV Arthur M. Jameson)

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MessageSujet: On ne réveille pas le dragon! (PV Arthur M. Jameson)   Ven 14 Mar - 10:10

Mycroft regarde passer les gens sans les voir. Son dos comme attaché au mur derrière lui est son seul contact au monde réel. Sa cigarette élégamment soutenue entre son index et son majeur laisse échapper une longue volute de fumée. Son parapluie dans la main droite tourbillonne par à-coups, s’envolant dans l’air à un rythme continu. Perdu dans ses pensées, le trentenaire est imperturbable, imperméable à la vie s’écoulant tout autour de lui dans cette avenue surpeuplée. Si cela n’avait tenu qu’à lui, il aurait planifié un rendez-vous dans un entrepôt, même si cette méthode le faisait plus passer pour un mafieux que pour un représentant du gouvernement. Mais après tout, peu importait les méthodes. Seul comptait le résultat.

Mycroft se tient là, sous le haut-vent de ce café, par caprice. Non pas SON caprice mais celui d'un autre: sa dernière gorge profonde avait insisté sur ce lieu de rencontre. L’aîné des Holmes n’avait pu que céder.

Il attend sa voiture, prise dans les embouteillages de l’heure de pointe londonienne. De plus, le fog s’épaissit de plus en plus, laissant présager une nuit humide. Pour peu qu’il se mette à pleuvoir... Mais ne parlons pas de malheur.

Sa cigarette entièrement consumée jusqu’au filtre, il rangea les restes dans un étuis de métal, en bon citoyen respectueux de la propreté des trottoirs publics. Même s’il s’autorisait à fumer dans les morgues de St Bart’s, cela ne signifiait pas qu’il détestait cette habitude des fumeurs consistant à jeter leur mégot à l’endroit qu’il leur convenait le plus, soit la chaussé. Mycroft rêvait de leur tordre le cou, à tous ces insupportables crétins. Mais cela serait une perte de temps et d’énergie incroyable dont il ferait meilleur usage en traitant ses piles de dossiers habituelles.

Le vent se lève, apportant avec lui les premières gouttes de pluie. Les parapluies commencent à s’ouvrir lentement, telles des fleurs. Bientôt, à mesure que la pluie se fait torrent, c’est une mer de tissu d’un noir uniforme qui lui fait face, se mouvant en même temps que le déplacement des piétons. Mycroft ne peut s’empêcher de comparer la marée humaine à une énorme toile d’araignée. C’est incroyable, pense-t-il, que les Hommes soient si disparates et pourtant si connectés. Il coupe court toute réflexion afin de se réfugier à l’intérieur du café français dont l’enseigne clignote gaiement, indiquant son nom « Le Café de Lyon ».

Il a à peine le temps de s’asseoir qu’une foule de gens plus ou moins trempés s’engouffre tel un ouragan à sa suite, s’emparant du moindre fauteuil vide. Il les regarde d’un œil noir. Déjà que les cafés n’ont pas sa préférence, si la populace venait empiéter sur le peu d’espace vital dont il disposait dans ces lieux-là…. C’en était trop. Il est près à partir mais un appel de sa secrétaire l’en dissuade. Anthéa ne pouvait pas plus mal tomber. C’est un sec « bien » qui répond à son annonce d’une voiture bloquée par un pont relevé à la dernière minute par soucis de sécurité. Voilà que Londres semble coupée en deux, la Tamise comme un long dragon d’eau capricieux empêchant les deux bouts de se joindre. Bien. Très bien. Le voilà condamner à attendre que la nature se calme.

« Un thé, s’il vous plaît. Avec des scones. »

Mycroft se voit obliger de recourir à la méthode la plus féroce qu’il connaisse pour calmer ses nerfs déjà éprouvés par la foule : le sucre. Et encore n’est-il pas au bout de ses surprises lorsqu’il se rend compte qu’on prend place en face de lui. Là, c’est la troisième guerre mondiale qu’on cherche à déclencher !
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MessageSujet: Re: On ne réveille pas le dragon! (PV Arthur M. Jameson)   Sam 15 Mar - 16:59



On ne réveille pas le dragon
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C’était une de ces journées où le commun des mortels préférerait rester dans son lit, sous la couette, au chaud. Où le commun des mortels tenterait de se faire passer pour malade, pour éviter de devoir sortir de chez soi. Où le commun des mortels pesterait pour avoir oublié son imperméable ou son parapluie.
Pour moi, il n’en était rien. La pluie était ma plus grande alliée. Les pluies torrentielles me permettaient de régler mon trafic plus facilement. Les exécutions se faisaient sans témoin puisque personne ne regardait autour de soi. Les échanges professionnels n’étaient pas interceptés, puisque la pluie cachait tout bruit n’excédant pas les trente décibels. Et surtout les flics voyaient beaucoup moins tous mes agents procéder à leurs contrats. Et ça, c’était parfait pour nous tous. Ainsi dès que je voyais des nuages assez épais m’amonceler au-dessus de Londres, j’étais ravi. Les affaires reprenaient et tout allait bien.
Néanmoins, si j’aimais beaucoup que la pluie soit au rendez-vous pour mes affaires, je détestais bien entendu me retrouver en-dessous de celle-ci. C’est pour cette raison que je m’étais abrité dans un café, en attendant que l’orage passe. Evidemment, l’endroit était bondé et les Londoniens étaient infernaux. J’avais une très forte envie de tous les trucider, mais comme à mon habitude, je fis preuve de self-control, de calme et de prudence, pour ne pas me frotter à l’un d’entre eux trop longtemps. Le commun des mortels encore une fois, ce n’était pas ma tasse de thé. Et je préférais ne pas avoir affaire à eux trop longtemps.
Après avoir commandé un thé au comptoir, je partis en quête d’une place libre, ce qui ne fut pas une mince affaire. J’avais rarement vu autant de monde dans un endroit aussi petit que celui-ci. En regardant ma montre, je compris que c’était l’heure de pointe. Forcément, la pluie tombait au mauvais moment. Elle n’en faisait qu’à sa tête, et je bénissais d’avance les chercheurs en météorologie qui faisaient avancer la science en essayant de trouver un moyen de contrôler les éléments. C’était une idée que je devais développer, parce que si je pouvais infiltrer ce réseau-là, dans quelques années je pourrais être le maître du temps.
Souriant de mes idées plus farfelues les unes que les autres, je finis par trouver une table libre… du moins, presque libre ! Un homme que je ne dirais pas âgé, mais que je ne qualifierais pas non plus de jeune y était déjà assis. Passablement énervé, ses yeux me lancèrent des éclairs quand je m’assis juste en face de lui. Enfin quelqu’un qui, comme moi, n’appréciait pas la compagnie des autres. Nous étions faits pour nous entendre, lui et moi. Gentleman jusqu’au bout, je pris la parole :

-Navré de pomper votre espace vital, monsieur, je ne serais pas long.

Des paroles en l’air, pour sûr, parce que je prendrais autant de temps qu’il m’en faudrait pour que, lorsque je sorte du café, la pluie ait enfin fait couler toutes ses larmes, rendues acides par la pollution de l’air. Néanmoins, il devrait être un peu heureux que je le prévienne que j’allais polluer son air pendant un temps.
Mon thé arriva rapidement et je le laissai refroidir, en regardant l’extérieur, où la pluie tombait toujours avec un grand débit. Tout cela n’était pas près de s’arrêter apparemment, et je soupirai, en me disant que j’aurais peut-être dû continuer mon chemin et rester sous la flotte, plutôt que de perdre mon temps ici. Par plus plaisir, et pour embêter mon voisin de table, je commençai à tapoter la table de mes doigts, dans un geste d’impatience contrôlée. Je le vis lever les yeux vers moi, et froncer les sourcils. Mon but était déjà atteint, mais je continuai.
De plus, je l’observai à la dérobée. J’avais l’impression d’avoir déjà vu cet homme quelque part. Toutefois, il avait un visage assez commun. Habillé d’un costume trois pièces adapté à la saison, il pouvait être n’importe qui, et je décidai de ne pas y prêter plus d’attention que cela, même si d’habitude, j’étais très attaché à pouvoir mettre un nom, ou même simplement un prénom, sur le visage de quelqu’un.
Tout ce que je savais, c’était que nous allions être amenés à nous côtoyer pendant de longues minutes, lui et moi. Et j'avais l'impression que plus ça allait, plus il me regardait avec insistance, me mettant mal-à-l'aise, sans que je lui montre malgré cela le moindre sentiment...

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MessageSujet: Re: On ne réveille pas le dragon! (PV Arthur M. Jameson)   Lun 17 Mar - 14:54

Pomper l’air…Oui, les mots sont bien choisis. Mycroft déteste ce genre de personnes qui font semblant de s’excuser alors qu’ils jubilent visiblement de faire affront aux autres, de s’imposer, d’écraser autrui de leur suprématie. Mycroft sent que l’échange n’ira pas bien loin. A moins que…

Il le regarde, ce roux, le fixe de ses yeux en ayant vu des visages divers et variés. Il lui semble reconnaître cette ligne de mâchoire, ces prunelles vertes serpentines, ce corps svelte d’un âge pas si loin que le sien. Oui, il lui semble le connaître, cet homme…

Son regard se fait lointain, plongeant sans les voir dans les yeux de son voisin. Il réfléchit, Mycroft, tente de faire remonter à la surface LE bon profil. Tâche ardue par le nombre de personnes qu’il fréquente et/ou déjà aperçues entre les pages des dossiers du Yard. Des criminels de grande envergure aux petites frappes se livrant aux combats de gang. Des tagueurs de wagons aux gérants de quartel, tous y passent.

Enfin, le voilà. Arthur Jameson. LE Arthur Jameson, dirigeant de l’entreprise portant son nom et fabriquant du Whisky. En dealant également dans des pays reculés, accélérant la propagation de ses bouteilles à l’étranger. Une méthode comme une autre, diraient certains. Mais illégale, aux yeux de la loi. Charmant voisin de table, donc, dont quelques uns des opposants sont tous simplement morts accidentellement.

Coïncidence ? Un mot qui n’existait pas dans la bouche de Mycroft Holmes.

« Je vous en prie, faite. »

Son sourire froid ne convaincrait pas grand monde à part le commun des mortels. Mais dans ses yeux brillent une petite lueur d’intérêt.

Son thé arrive en même temps que celui de Jamerson, chaud, son assiette de scone émanant un parfum de broche dorée tout simplement irrésistible. Mycroft se lèche les babines à l’avance. Que Dieu le pardonne, il était bien trop gourmand pour être un bon anglican. Mais il le payait par des exercices quotidiens. Son tapis roulant serait bientôt bon pour la poubelle, soit-dit en passant...

« Je vois que nous partageons les mêmes goûts, cher monsieur. »

Il lève sa tasse à son adresse avant de prélever une infime gorgée de son Earl Grey.

« Des scones, peut-être ? »

Il ne manquerait plus qu’il se remette à sourire pour avoir l’air parfaitement à sa place, en bon gentleman discutant de la pluie et du fog au-dessus d’une tasse de thé…. Alors qu’une toute autre partie va se jouer entre eux deux.
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MessageSujet: Re: On ne réveille pas le dragon! (PV Arthur M. Jameson)   Mer 19 Mar - 22:08



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J’avais détourné la tête. Je ne souhaitais pas plus que cela me mêler à cette foule compacte. J’étais venu à cette table parce qu’il me fallait une table et parce que cet homme était seul. Et que personne n’avait pris la place libre, surtout. Ce n’était que temporaire. Il semblait aussi gêné que moi par tout ce peuple, dans ce café précis. Et pourtant, je prenais un malin plaisir à le sentir s’énerver tout seul, prêt à casser la table et les chaises, rien que pour faire s’éloigner un peu plus les gens autour de lui. J’avais bien cerné le personnage : un type d’une trentaine d’années bien tassées, homme d’affaire ou magistrat, vu sa tenue plus chère que la moitié du mobilier de ce café miteux, et à l’allure et la stature d’un noble de l’époque victorienne. Cet homme avait mon âge, peut-être un tout petit peu plus, et avait un balai dans le derrière. Et quel balai !
Pourtant, je compris qu’il y avait quelque chose, chez moi ou chez quelqu’un d’autre dans la salle, qui avait attisé son attention. D’un air nonchalant, je poursuivis mon observation de l’endroit, et enfin, je posai mon regard sur l’extérieur, rêvant que la pluie cesse de tomber pour que je puisse rentrer enfin chez moi. La journée avait été longue, et j’attendais des nouvelles d’Aleera. Elle devait m’envoyer un mail dans les prochains jours, et j’avais une certaine hâte de savoir ce qu’il pouvait bien se passer en ce moment. Et surtout, je voulais être sûr qu’elle puisse me donner toutes les informations que je souhaitais sans se faire repérer. Je lui faisais confiance certes, mais il me fallait des preuves, de temps en temps. Et cela faisait longtemps que je n’en avais eu de sa part, à cause de son éloignement, de ses autres missions qu’elle avait cependant toutes menées à bien. Mais j’étais de ce genre là : à avoir besoin d’être rassuré, parfois. Et c’était une période où j’avais besoin de cela. D’assurance. Parce que si jamais tout partait à vau-l’eau, je devais pouvoir garder le contrôle sur tout. Enfin peu importait. Ce n’était pas le moment. L’heure était à la dégustation de thé, et… apparemment de scones, vu que mon voisin de table en avait commandé et m’en proposait. Quant au fait que nous partagions les mêmes goûts en matière de thé… je ne pouvais que m’adapter au style anglais, n’est-ce pas ? Le thé à dix-sept heures, lorsque Big Ben sonne… typiquement londonien, typiquement anglais. Mais déjà en Irlande, je ne buvais que cela. Le café me paraissait bien trop amer.

- Je me vois dans l’obligation de refuser, mon cher. Je dois réduire ma consommation de sucres.

Un pur mensonge, bien entendu. Mais j’évitais de prendre des choses données par des inconnus. Question de prudence. Parfois les inconnus n’étaient pas inconnus que cela. Même si je ne me souvenais pas d’avoir un jour rencontré ce monsieur. Toutefois, j’allais éviter de laisser mon ADN partout dans ce café. Il y en avait déjà sur ma tasse, mais j’irais la rendre directement au comptoir, et je m’assurerais qu’elle soit nettoyée rapidement. Paranoïaque ? Non. Précautionneux ? Oui.
D’ailleurs, je m’intéressai alors de plus près à l’homme en face de moi. Il semblait me regarder avec précision, fixant chaque ligne de mon visage, détaillant tous mes traits. Ce n’était sûrement qu’une idée, et puis, beaucoup de gens faisaient cela. De plus, je m’étais installé à sa table, et c’était moi l’inconnu, l’étranger.

- Se serait-on déjà rencontrés, monsieur … ?

J’attendais bien sûr qu’il me donne son nom. Si jamais il se montrerait un peu trop insistant, en me regardant ainsi, je me ferais une joie de l’éliminer. Ce n’était pas un citoyen de plus ou de moins qui me ferait perdre la face, au contraire. Et maintenant qu’Aleera était de retour, je pourrais toujours lui demander de l’aide… elle devait avoir quelques contacts de confiance, tout comme ceux que j’avais déjà. Alors je n’allais pas hésiter. Si je me sentais menacé, je le tuerais. En espérant qu’il n’ait pas trop de famille dans le coin.
Pour me le mettre dans la poche, je lui fis un petit sourire poli, avant de m'apprêter à lui tendre la main. M'apprêter, en effet, puisque je me souvins à la dernière seconde que je ne devais pas faire ça. Présenter mon ADN aussi facilement. Je masquais mon geste en prenant ma tasse de thé et en buvant une gorgée, toujours en le fixant, serein. Puis, je repris la parole :

- Je m'appelle Milligan. Enchanté.

Milligan. Ce prénom infâme que pourtant je portais très - trop - souvent. Je n'aimais pas ce prénom, il me rappelait mon grand-père. Maternel. Que je n'aimais pas beaucoup d'ailleurs. Il n'était pas tendre avec moi, ni avec mon père. Il protégeait sa fille, ma mère, et après avoir eu connaissance du trafic de mon père, lui avait même interdit de l'approcher. Créant de véritables embrouilles dans toute la famille. Aujourd'hui, il était mort, et comme toute ma famille l'était à peu près sans exception, je portais son nom pour faire le sale boulot. Pour me rappeler que je n'aimais pas cet homme et que de fait, quand je me présentais comme étant Milligan, les gens ne devaient pas non plus m'apprécier.

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MessageSujet: Re: On ne réveille pas le dragon! (PV Arthur M. Jameson)   Dim 23 Mar - 20:58

Il prend le refus comme un affront personnel et ses yeux s’amincissent imperceptiblement. Cette remarque lui fait penser à son frère et à ses « alors Mycroft ? Et ce régime ? » que le cadet des Holmes avait pour habitude de lancer en guise de salut. Que cela pouvait irriter au plus haut point son frère ! Et le complexer, par la même occasion. Pourquoi était-il né avec cette propension à prendre du poids ? Pourquoi était-il le seul à grossir dès le moindre petit gramme de sucre ingurgité ? Pourquoi Sherlock affichait-il ce corps superbe, ce ventre désespérément plat et ces membres fins, graciles ? Pourquoi ne pouvait-il pas avoir hérité de sa mère ces gènes physiques là ?

Dans un côté, il était fier de posséder un trait caractéristique de son père qu’il adorait. D’un autre côté, son surpoids l’avait toujours complexé depuis son enfance. « Le gros ». Plus jamais, il se l’était juré, plus jamais on ne lui ferait cette remarque.

Et voilà qu’un parfait inconnu vient de lui renvoyer cette remarque en pleine figure. VLAN ! Mycroft expire doucement. Ce n’était pas de sa faute, il ne pouvait pas savoir. Ils ne se connaissaient pas et ne se verraient, pour le bien de Arthur Jamerson, qu’en de très rares occasions, voire jamais plus.

Il penche la tête devant la question de Jamerson.

« Je ne crois pas, non, bien qu’il n’est pas très difficile de savoir qui vous êtes, sans vouloir vous vexer, Mister Jamerson. »

Il connaît déjà ce nom, Milligan, mais trouve qu’il ne va pas à Jamerson. Il préfère la formalité et les noms de famille.

« Mycroft, enchanté. »

Il lui tend la main, remarquant au passage le geste l’ayant fait tiquer un instant plus tôt. Ce petit mouvement de main amorçant un salut manuel puis élégamment reconvertit en une toute autre fonction, à savoir porter la tasse à ses lèvres. Là, il ne pourra pas y échapper. A moins de vouloir froisser son voisin de table, ce que tout gentlemen redoute.

Qu’a-t-il à cacher, ce petit escroc sans réelle valeur ? Qu’est-il, cet homme prenant beaucoup trop de soin à ne rien toucher ni rien frôler sans y être obligé ? Comme s’il ne voulait laisser de son passage que des traces éphémères vite effacées.
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MessageSujet: Re: On ne réveille pas le dragon! (PV Arthur M. Jameson)   Ven 28 Mar - 18:41



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Visiblement vexé, l’homme en face de moi m’accorda un regard courroucé, voire complètement méchant. Mon œil de lynx ne me trompa pas quand je vis qu’il avait très envie de m’étouffer avec ma cravate. Il n’en serait rien, bien sûr, et il allait bien gentiment se bourrer de sucres en mangeant ses scones. Avec un petit sourire en coin, je portai ma tasse de thé à mes lèvres, en essayant de ne pas m’étouffer en riant et en buvant en même temps. J’allais m’amuser avec ce pauvre anglais, c’était flagrant.

Lorsque je lui demandai si nous nous étions déjà vus, j’espérais vraiment que non. En réalité, il ne pouvait pas être l’un de mes clients. C’était impossible, parce que je devais un excellent physionomiste dans ces moments-là. Je me souvenais de tous mes clients, même des plus petits, et même de ceux qui m’avaient le moins rapporté. Néanmoins, il arrivait que je croise des personnes que j’aurais préféré ne jamais voir de ma vie, durant mes missions. Et si jamais c’était le cas, si jamais sa tête me rappelait quelque chose parce qu’il était flic, ou je-ne-sais-quoi d’autre, je serais bien dans l’embarras le plus total. Il me connaissait bien entendu. Outre le trafiquant, j’étais surtout le riche héritier de la firme Jameson, le célèbre whisky irlandais. Bien sûr que les gens me reconnaissaient, s’ils aimaient un tant soit peu le whisky… et la jet-set. Il n’était pas rare de me voir dans des soirées, dans des galas de bienfaisance. Evidemment que je cultivais une image de moi-même que je voulais propre et sans rature. J’étais exemplaire à la scène et manipulateur une fois rentré. Et parfois, les fonds que je débloquais pour des associations provenaient d’autres associations, que j’avais escroquées. Je n’étais pas un enfant de cœur, je ne le serais probablement jamais… Et si je n’aimais pas spécialement donner de mon argent ou de mon temps, je le faisais pour… comment dire ?... montrer une seconde facette. Je m’exposais, je pavanais parfois, j’étais fier de ma réussite. Et surtout, je continuais de faire croire aux gens que j’avais bâti ma fortune personnelle uniquement sur mon alcool vendu dans des magasins et sur mon héritage. Quels naïfs !

Enfin, il m’indiqua son nom. Du moins son prénom, dans le reflet de la façon dont je m’étais présenté, bien sûr. Mycroft. Ce prénom pour le moins inhabituel et original ne me disait rien du tout. C’était bon signe pour moi, comme pour lui. Je n’aurais pas besoin de tuer ce pauvre homme, et lui ne pourrait pas me dénoncer. Il n’était rien d’autre qu’un anglais pure souche, qui prenait son thé de dix-sept heures dans un café. Quoi de plus normal ? Quand il me tendit la main, je n’hésitai plus. Il avait dû remarquer mon indiscrétion quand j’avais voulu faire passer mon mouvement en un tout autre. Ma politesse me faisait très souvent défaut, et cette fois encore, c’était le cas. Cette fois, donc, je ne pouvais plus me cacher et je lui serrai amicalement la main, en la serrant ni trop fort, ni pas assez. Pas trop fort pour ne pas laisser trop de traces, même si c’était impossible de ne pas en laisser du tout, et pas trop doucement pour qu’il ne soupçonne rien. Je devenais parano, ma parole ! Il faudrait peut-être que je pense à soudoyer un psychologue pour l’avoir rien que pour moi et pouvoir tout lui confier. Tenu par le secret professionnel, il n’irait rien à la police, non ?

Pourtant, les yeux de l’homme en face de moi me donnèrent l’impression qu’il me jaugeait, qu’il me jugeait même, et qu’il essayait d’apprendre des choses sur moi. Ce que bien sûr je voulais éviter. Prudemment, je commençais à le détailler à mon tour, faisant passer cela pour de l’intérêt désintéressé. Ce genre de technique de drague de toutes les femmes, au jour d’aujourd’hui, et qui passait pour de la nonchalance pure et dure chez les hommes… ou une simple façon de se montrer hautain et supérieur. C’était également comme ça qu’il semblait regarder les gens. Il semblait détester toutes les personnes présentes dans ce café, y compris moi. Parce que je m’étais installé en face de lui. Misanthrope alors, le petit Mycroft ? Il travaillait dans un bureau. C’était fondamental. On le voyait à sa façon de se tenir droit, à sa façon de s’habiller, de se coiffer, et même à sa façon de tourner sa cuillère dans sa tasse de thé. Je souris, avant de me justifier :

- Enchanté Mycroft.

J’eus rapidement l’envie d’y ajouter une petite remarque sarcastique du genre « Vous pouvez être fier de vous, vous avez rencontré votre célébrité de la journée ! » mais je me retins, de peur de le mettre hors de lui pour de bon. Il regardait toujours de ce petit œil suspicieux. D’un air complètement évasif, je reposais ma tasse dans sa soucoupe, manquant de tout renverser, et fixai l’extérieur pendant quelques secondes, avant de reprendre la parole, en décidant de changer un peu de sujet :

- Que faites-vous dans la vie, Mycroft ?

La question du travail était sûrement ma meilleure option. Je pourrais en apprendre un peu plus sur lui, et par la même occasion, je pourrais savoir si je devais me méfier de lui, ou bien si je pouvais me permettre de peut-être l’utiliser, dans le futur…

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MessageSujet: Re: On ne réveille pas le dragon! (PV Arthur M. Jameson)   Sam 5 Avr - 23:40

Finalement il se décide pour une poignée de main ni trop forte, ni trop faible, la parfaite poignée de main d’un homme d’affaire ayant reçu une des meilleures éducations. Le geste de serrer la main de quelqu’un n’était pas anodin. Il ne fallait pas serrer trop fort pour ne pas se montrer possessif ou agressif. Ni être trop mou de peur de paraître fuyant ou craintif. Il fallait être ferme, bref, regarder bien en face la personne et arborer un petit sourire de circonstance. Les trois points étaient réunis chez monsieur Jamerson, chose dont Mycroft n’avait pas douté une seule seconde. Cependant, une poignée de main révèle également une minuscule veine à la base du poignet. En s’y prenant correctement, on pouvait la sentir, peau contre peau. Et elle était là, palpitante.

Il  lance le même regard faussement hautain que le trentenaire britannique, cherchant à pénétrer ses défenses. Mycroft voudrait bien lui dire d’arrêter ce cirque parfaitement inutile. Tout ce que le roux pourrait comprendre et analyser de sa personne s’arrêterait à un mot, un seul : misogyne. Et peut-être, s’il avait un Q/I supérieur à 0, il arriverait à déduire qu’il travaillait dans un bureau. La belle affaire que voilà…

Les deux paires d’orbes s’affrontent sans se lâcher. A ce petit jeu-ci, Mycroft part avec plus qu’une longueur d’avance. Ayant eu pour adversaire Sherlock Holmes, il est difficile de faire mieux.

Il masque un sourire lorsque la tasse manque de se renverser dans la soucoupe, tâchant alors la blanche porcelaine de quelques gouttes orangées de thé. Le perturberait-il tant que cela, l’homme d’Etat ? Que cela est amusant… Et étrange, aussi.

« Oh, j’ai bien peur de ne pas vous arriver à la cheville, monsieur Jamerson. Mon emploi est loin d’être aussi intéressant et aussi…Lucratif que le vôtre. »

Il marque une pause, petit sourire en coin face à une blague partagée avec l’homme lui faisant face.

« Je fais parti de ces petites mains du gouvernement écrivant d’assommants discours que personne ne retient. Un esclave des temps modernes. »

Il pouffe de rire, enjoignant l’autre à le suivre. Il aime à se répéter, Mycroft. Au moins est-il sûr que son véritable poste est un secret bien gardé connu d’une minuscule dizaine de personnes tout au plus. Même Sherlock ne devait pas être entièrement au courant de la place qu’il occupait. Quoique… On parlait d’un Holmes, tout de même…


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MessageSujet: Re: On ne réveille pas le dragon! (PV Arthur M. Jameson)   Dim 13 Avr - 14:28



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En y repensant, je n’étais pas tout à fait sûr et certain de pouvoir l’utiliser prochainement. En l’observant bien, je me rendis compte que cet homme semblait important. Du moins… il se prenait pour quelqu’un d’important. Peut-être faisait-il simplement semblant de l’être. Il m’observait avec autant d’attention que je le faisais pour lui et je ne savais plus trop comment réagir. Surtout, rester stoïque, normal, faire comme si je me fichais pas mal de ce qu’il pouvait penser. Je n’abandonnais pourtant pas l’idée d’en faire un agent, si l’occasion s’y prenait. Ça pourrait être sympa. Il semblait être bien employé dans une boîte, plutôt haut gradé, alors ça pourrait être un atout considérable pour mon « entreprise ». Ce serait quelque chose à vérifier, à développer, et je n’allais pas me gêner pour poser des questions à ce gentil monsieur.

« Oh, j’ai bien peur de ne pas vous arriver à la cheville, monsieur Jamerson. Mon emploi est loin d’être aussi intéressant et aussi…Lucratif que le vôtre. »

Ce qui voulait tout dire, en soi. Il me connaissait donc aussi bien que je le pensais. Toutefois, j’avais l’impression qu’il se moquait de moi. Du moins, qu’il ne me disait pas tout. Et c’était normal, en réalité, puisqu’il ne me connaissait pas, je ne le connaissais pas, et pourquoi un inconnu aurait besoin de savoir tout de la vie d’un autre inconnu ? Non définitivement, ce n’était pas une bonne idée de vouloir tout comprendre à propos de cet homme. Je devais rester sage pour une fois. Je pourrais avoir des ennuis. Ça ne me faisait pas peur, mais je préférais rester en dehors de tout cela, si je n’étais pas sûr de pouvoir lui faire confiance.

Il continua brièvement, en me disant qu’il était l’une des personnes qui écrivaient les discours de nos politiciens. Je fronçai un sourcil en relevant l’autre, avant de ricaner devant sa comparaison d’esclave. Quoi ? Cet homme écrivait seulement des discours ? Je ne l’aurais jamais cru. C’était pour cette raison que je ne lui faisais pas confiance. Non pas que j’étais sûr qu’il me mentait, mais j’avais cet instinct, mes tripes, au fond de moi, qui me hurlaient d’y aller doucement.

- C’est en entendant cela que je me dis que j’ai bien de la chance d’être à mon propre compte grâce à ma famille…

Moi vivant, jamais je ne serais un vulgaire employé. Je préférais nettement risquer ma liberté et ma vie chaque jour, mais être mon unique patron et ne pas obéir à qui que ce soit. Chacun son truc après tout. Certaines personnes ne sont pas faites pour diriger. Et Mycroft, apparemment, en faisait partie. Ce qui n’était pas mon cas !

- Et que faites-vous ici alors, Mycroft ? Vous ne devriez pas être en train de travailler avec acharnement pour que nos autorités sachent quoi nous dire lors de la prochaine réforme ?

Fixement, je le regardai avec hargne. Je n’étais pas l’homme le plus sympathique de la planète quand je trouvais quelqu’un louche. Il me fallait des preuves, sinon je me moquais. Et meme avec des preuves je me moquais. Il fallait que ce soit une exception pour que je me mette à apprécier quelqu’un. Aleera était une exception, oui. Les autres… non, je les détestais autant que je détestais la race humaine, mais ce n’était pas une nouveauté. Ils le savaient. Et ils l’acceptaient….

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On ne réveille pas le dragon! (PV Arthur M. Jameson)

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